Licenciement abusif | Il accepte de réduire son salaire de près de moitié pour conserver son emploi jusqu’à sa retraite, mais l’entreprise le licencie au bout d’un an.

L’histoire de cet ouvrier de Murcie est un exemple clair de la façon dont une promesse de travail peut être rompue de la manière la plus inattendue. Employé dans un club de padel depuis sa création en 2010, il était devenu responsable des ressources humaines. Cependant, tout a changé lorsque l’entreprise a été rachetée par une autre entité. La nouvelle direction n’a pas tardé à agir : elle a embauché un nouveau directeur des ressources humaines, a relégué le protagoniste à d’autres fonctions et l’a transféré dans un bureau dans des « conditions précaires ».

La pression a abouti à une réunion décisive avec le PDG. Trois options étaient sur la table : soit il acceptait une réduction drastique de salaire en échange du maintien de son emploi jusqu’à la retraite, soit il était rétrogradé au rang d’employé d’entrepôt, soit il risquait un licenciement immédiat. Le salarié de 55 ans a choisi la première option pour assurer son avenir, voyant son salaire mensuel passer de plus de 2 000 euros à un peu plus de 1 200. Pour que l’accord paraisse volontaire, l’entreprise lui a même demandé de communiquer sa décision par courrier électronique afin de « faciliter les choses ».

Ce qui semblait être un pacte pour garantir leur tranquillité d’esprit s’est transformé en piège. À peine un an après la signature de l’accord, l’entreprise l’a licencié en invoquant des « causes objectives ». Ils ont affirmé qu’après une réorganisation, leur poste était resté « vide de contenu », leurs tâches étant assumées par du personnel plus spécialisé. L’entreprise lui a versé une indemnité de près de 9 000 euros, calculée sur son nouveau salaire réduit. Quelques mois plus tard, l’entreprise a vendu les actifs du club de paddle et il n’apparaissait plus sur la liste des travailleurs remplaçants.

L’affaire a été portée devant les tribunaux et la justice a donné raison au travailleur. Le Tribunal Supérieur de Justice de Murcie a confirmé que le licenciement est abusif, concluant que l’entreprise a agi avec « mauvaise foi et fraude ». Le jugement indique que la promesse de conserver son emploi était une « tromperie » et une « machination concoctée » dans le seul but de réduire son salaire et, par conséquent, de lui verser une indemnité bien inférieure. Le tribunal le qualifie d' »opération purement commerciale » dont le salarié a été la « victime du travail ».

Malgré la résolution énergique, le licenciement n’a pas été déclaré nul, comme l’avait demandé le travailleur, alléguant une discrimination fondée sur l’âge et un harcèlement sur le lieu de travail. Les juges n’ont pas trouvé de preuves suffisantes de harcèlement ou de discrimination, puisque l’entreprise comptait d’autres salariés du même âge occupant des postes à responsabilité. L’entreprise a néanmoins été condamnée à réintégrer le travailleur dans ses conditions initiales ou à lui verser une juste indemnité de près de 30 000 euros, calculée avec le salaire qu’il avait avant la réduction trompeuse.