L’extinction de Montserrat

Ces jours-ci, à cause de Millénaire de l’abbaye, Vous pouvez visiter une exposition des Mossos d’Esquadra à Montserrat. On raconte comment ils sauvèrent le monastère d’un pillage et d’une destruction plus que probables. Et sûrement la vie de ses moines. De nombreux frères, après le coup d’État du général Franco, furent pourchassés comme de la vermine lors de la frénésie sanglante de l’été 1936.

Montserrat Il a survécu à cette folie criminelle. Non pas grâce à la providence mais à l’intervention déterminée du Gouvernement par le président Lluís Companys qui a assigné un commandement des Mossos à Montserrat, un geste audacieux dans une Catalogne plongée dans un chaos qui continue sans la reconnaissance qu’elle mérite. Aujourd’hui encore, l’Église catalane continue d’ignorer ce fait. Peut-être qu’un jour prochain, le 15 octobre, Montserrat célébrera une messe en l’honneur du Président Entreprisesce qui serait sans doute un hommage à la mémoire d’un martyr maltraité par ses contemporains et par l’Histoire.

Ce que les barbares empoisonnés par la liturgie anticléricale n’ont pas réussi à réaliser, des gens comme Lerroux pourraient l’être par une passion débridée, ce courant qui fait pencher l’Église vers un fondamentalisme déjà menaçant.

Le problème n’est pas tant le manque de vocations. Ce qui est plus qu’évident. Il suffit de voir à quel point la communauté des moines a décliné au cours du siècle dernier. Le problème qui se profile pour l’avenir d’une communauté comme Montserrat est la prolifération d’adeptes d’une foi avec laquelle des gens comme l’évêque franquiste Irurita se sentiraient très à l’aise, le même qui a voulu refuser au président Macià l’accompagnement spirituel sur son lit de mort.

Ce que Montserrat a représenté – et surtout ce qu’il représente aujourd’hui pour la Catalogne – ne correspond pas ou peu à une interprétation des Évangiles qui est peu ou pas du tout en phase avec la vie du Christ. Aujourd’hui, la communauté reste fidèle à la tradition montserratine dirigée avec détermination par l’abbé Manel Gasch. Elle compte, entre autres, des moines comme Pau Valls, l’apôtre des Gentils. Ou avec le Père Bernat Juliol, commissaire du Millénaire de la Montagne Sacrée. Tant qu’ils le sont, il y aura la paix, l’amour, la foi et la catalanité. En leur absence, en véritables représentants de la communauté, un autre coq pourrait chanter la messe. Que Dieu vous accorde longue vie et attire des vocations comme la vôtre. Parce qu’une partie de ce qui s’en vient n’inspire que peu ou pas de confiance dans l’avenir de Montserrat en tant que symbole de la Catalogne et du message du Christ.

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