L’augmentation des discours de haine et de l’activité des groupes ultra en Catalogne inquiète les Mossos d’Esquadra. Face à ce phénomène, le Commissaire général à l’information (CGINF) intensifie la prévention, la « détection précoce » et la neutralisation de l’extrémisme violent. L’une des principales actions est l’élaboration d’une « carte dynamique des groupes, dirigeants et sympathisants ayant une capacité potentielle de radicalisation », a rapporté le ministère de l’Intérieur dans une réponse parlementaire. Contrôler ces ultras, qui vont du jihadisme aux postulats liés à l’extrême droite et à l’extrême gauche, permettrait de prévenir et de neutraliser toute attaque.
Depuis une décennie, le Commissaire général à l’information promeut des plans de prévention pour atténuer les risques de radicalisation, principalement ceux provenant d’organisations qui constituent une menace « à l’exercice individuel ou collectif des libertés, à la sécurité des personnes, à la paix ou à la cohésion sociale ».
Plus de 200 alertes
Sur la base des protocoles établis, 208 alertes ont été identifiées l’année dernière : 161 correspondaient à des processus de radicalisation violente, et 47 à des cas dits « d’impact éducatif et social » : depuis des commentaires racistes et homophobes répétés jusqu’aux proclamations glorifiant des groupes terroristes ou le nazisme, réalisées dans le milieu scolaire ou dans des réseaux qui, bien que non directement associés à l’extrémisme violent, ont été traitées en coordination avec les centres éducatifs. En 2024, 206 alertes ont été enregistrées, dont 159 correspondaient à d’éventuels processus de radicalisation violente et 47 à des cas d’impact éducatif.
La police développe des indicateurs pour évaluer le degré de dangerosité des groupes extrémistes et réalise des simulations sur les types de contrôle
Ces détections ont été réalisées dans des phases précoces, sans que ces cas ne constituent des menaces concrètes. Parmi les cas connus l’année dernière, 62 % étaient liés au djihadisme, 11 % à l’extrême droite et 6 % à d’autres types d’extrémisme. Sur le nombre total de signalements reçus, 13 ont donné lieu à une notification au parquet et à l’ouverture d’une procédure pénale. Trois de ces cas étaient liés à l’extrême droite et 10 étaient liés au djihadisme.
Inquiétude pour l’extrême droite
Dans la police catalane, il existe une « préoccupation » particulière quant à l’influence sociale du discours de l’extrême droite violente, c’est pourquoi elle travaille sur « un protocole spécifique pour les incidents » liés à cet extrémisme. En ce sens, ils proposent également de promouvoir une réponse pénale aux phases antérieures d’une éventuelle radicalisation.
Au-delà de cela, les Mossos travaillent également à l’élaboration d’indicateurs permettant d’évaluer le degré de dangerosité de chaque groupe extrémiste. Par exemple, des exercices de contrôle seront effectués et l’évolution du phénomène sera étudiée, en collaboration avec d’autres organisations étatiques et internationales.
Ainsi, parmi les mesures qui seront promues, les agents s’engagent à renforcer les liens avec les entités locales, éducatives et sociales pour identifier les discours de haine ; former les agents aux idéologies, symboles et stratégies de recrutement extrémistes ; établir de nouveaux systèmes d’identification précoce sur les réseaux sociaux pour détecter les contenus extrémistes violents et renforcer les unités de renseignement avec des profils analytiques spécialisés.
En ce sens, les Mossos surveillent déjà les réseaux sociaux et les canaux de messagerie 24 heures sur 24, 365 jours par an, et collaborent intensivement avec d’autres forces de police. Pour lutter contre la désinformation et les discours de haine, la police promouvra également des actions de communication contre la manipulation de l’information, détectera les « fausses nouvelles » et les discours radicaux sur les réseaux sociaux, et favorisera « une sensibilisation critique à la désinformation auprès des jeunes et des groupes vulnérables ».
Noyau national
Un exemple de ce type de surveillance est la surveillance exercée par le Commissariat général à l’information sur différents groupes d’extrême droite convoqués par le Nucleus national au début de l’année en Catalogne.
Les Mossos surveillent les réseaux sociaux et les messageries 24 heures sur 24 et 365 jours par an
Le lieu exact de l’événement – une zone industrielle de Sentmenat – n’a été communiqué qu’en milieu d’après-midi du même jour, le 10 janvier, ce qui a conditionné le déploiement des forces de l’ordre, selon le ministère de l’Intérieur. Suivant « les critères habituels de proportionnalité et d’adéquation des troupes », les Mossos ont activé un déploiement préventif avec des unités de maintien de l’ordre public et, à leur arrivée sur les lieux, des personnes idéologiquement opposées au Noyau National s’étaient déjà rassemblées. Pour cette raison, les Mossos ont activé un déploiement de police pour éviter « tout contact direct entre des groupes potentiellement conflictuels ». Les groupes antifascistes, selon la police, « ont adopté une attitude violente, consistant à placer des conteneurs sur la voie publique et à lancer des objets contondants et du matériel inflammable sur le cordon de police ».
Les manifestants ont dressé des barricades avec des conteneurs dans la rue « dans le but de les lancer sur les policiers et, en même temps, ils ont lancé de grosses pierres et du matériel incendiaire », explique la police catalane. Bien que les Mossos les aient exhortés à mettre un terme à leur attitude violente, ils ont fini par charger, selon eux, « d’accroître la séparation entre les deux groupes, d’éviter tout risque d’affrontement direct » et de permettre aux participants à l’événement de partir. Lors de l’intervention, six policiers ont été blessés à des degrés divers, dont un avec un doigt cassé.