L’Intelligence Artificielle est généralement représentée comme un univers d’algorithmes, de puces et d’applications capables de transformer notre façon de travailler et de vivre. Mais la révolution technologique la plus pertinente du moment a également besoin de quelque chose de beaucoup plus tangible, comme des terrains industriels, de l’électricité, des capacités de refroidissement et des infrastructures. Dans ce contexte, il faut comprendre l’investissement de plus d’un milliard d’euros dans la construction d’un centre d’IA sur l’ancien terrain de l’Ercros à Flix, annoncé hier.
L’initiative de l’entreprise du groupe Submer, qui prévoit de créer 150 emplois directs, est une bonne nouvelle car elle ouvre une nouvelle opportunité de réindustrialisation pour une enclave marquée depuis des années par l’industrie chimique. De plus, cela permet au territoire d’anticiper le défi que posera la fermeture progressive des centrales nucléaires, si le calendrier prévu n’est pas modifié.
Or, il ne faut pas confondre un investissement important avec une transformation assurée. Il faudra voir si le data center, au-delà des emplois annoncés, est capable d’attirer autour de lui un écosystème économique, avec des fournisseurs, des entreprises auxiliaires, des services et des talents qualifiés qui consolident une activité soutenue dans le temps. Sans cet effet moteur, le risque est que le projet reste un point isolé, à forte intensité capitalistique, mais limité dans son impact territorial.
Il sera également décisif de vérifier si le projet réunit les conditions nécessaires pour prospérer : une capacité énergétique suffisante, une agilité administrative et une planification territoriale cohérente qui accompagne un investissement de cette ampleur.
Pendant de nombreuses années, la Ribera d’Ebre a symbolisé les difficultés d’une partie de l’industrie catalane. Que cela puisse désormais représenter exactement le contraire dépendra de la continuité de l’investissement de Flix.