Le PP cherche un serrage avec Junts et PNV pour prolonger les contrats nucléaires, geler les tarifs d’Aena et augmenter les compensations pour les retards de l’AVE

Le PP cherche à projeter l’image d’une « majorité alternative » ce jeudi au Congrès des députés, où sont votés plusieurs amendements approuvés au Sénat qui pourraient avancer définitivement grâce aux votes de Junts ou du PNV, en plus de Vox. Ces forces auront le pouvoir de faire appliquer des textes sur des questions très disparates ; de l’extension des centrales nucléaires à l’augmentation des indemnisations de Renfe en cas de retard de ses trains ; le gel des taxes aéroportuaires ou le blindage des arrêts de bus dans les zones rurales.

Les partis populaires ont présenté au Sénat des amendements à la loi sur la mobilité durable, une mesure phare du ministère des Transports d’Óscar Puente. Ce jeudi aura lieu un vote sur l’incorporation définitive dans le texte des amendements déjà approuvés à la Chambre haute. Le PP a réalisé un large éventail d’amendements et a suscité une vive émotion parmi les partenaires gouvernementaux en raison de la prolongation de la durée de vie utile des centrales nucléaires d’Almaraz I et II, d’Ascó I et de Cofrentes, dans le cadre d’une réforme qui a mis fin au calendrier engagé par l’Exécutif.

Cette modification a soulevé la colère de Sumar, qui a exigé que le PSOE maintienne le calendrier de fermeture, tandis que Podemos a exigé que le gouvernement oppose son veto à l’amendement et évite le vote, malgré le fait que ce type de veto ne peut avoir lieu que lorsque le changement juridique affecte le budget en cours. Le Gouvernement a finalement renoncé à opposer son veto à cet amendement, qui avait été approuvé au Sénat avec les voix du P. Reste à connaître la position de Junts, qui s’est retiré du bloc d’investiture et qui a déjà permis cet été d’entamer le traitement d’une loi PP pour éviter la fermeture des centrales nucléaires.

Au sein du Gouvernement, on est nerveux quant à la possibilité que cet amendement soit approuvé ce jeudi et dans les dernières heures du Ministère de la Transition Énergétique de Sara Aagesen on essaie de minimiser l’impact de cet amendement, avertissant qu’il n’aura pas d’impact immédiat, puisqu’il faudrait en faire la demande au Conseil National de Sécurité (CSN).

Retards sur l’AVE

Mais les questions nucléaires ne sont pas les seules que le PP a réussi à soumettre au vote du Congrès. L’un des problèmes ayant le plus grand impact concerne l’amendement approuvé par le PP visant à augmenter l’indemnisation de Renfe aux voyageurs en cas de retard dans leurs trains. Le texte de son amendement numéro 139 introduit une nouvelle disposition supplémentaire qui établit que « le Gouvernement espagnol récupérera, à compter du 1er janvier 2026, les engagements de ponctualité et de remboursement de RENFE antérieurs aux modifications apportées en juillet 2024, garantissant à nouveau une indemnisation pour 15 et 30 minutes de retard, de 50% et 100% du montant, respectivement, dans les services à grande vitesse et longue distance ».

Si les amendements sont approuvés, le gouvernement devra légiférer pour annuler en 2026 le changement apporté par le ministère d’Óscar Puente au cours de l’été de l’année dernière, qui réduisait considérablement les indemnisations en cas de retard des trains AVE, Avlo, Alvia, Euromed et Intercity. Les conditions actuelles établissent dans le cas de l’AVE une indemnisation de 50% du billet pour les retards de plus de 60 minutes et de 100% du billet pour les retards de plus de 90 minutes. Le délai serait considérablement réduit pour avoir droit à une indemnisation plus importante, si cet amendement passait ce jeudi au Congrès.

Un autre des amendements qui a suscité le plus de bruit concerne les taxes aéroportuaires AENA. Ainsi, dans la modification numéro 142, le PP envisage l’obligation du Gouvernement d’approuver « dans trois mois à compter de l’entrée en vigueur de la loi une disposition législative qui établit les conditions d’efficacité de la réglementation aéroportuaire et contient les déterminations nécessaires à inclure dans la DORA III afin de geler les taxes aéroportuaires pendant les années 2027 à 2031 ».

L’approbation de cet amendement au Sénat a fait chuter Aena de 5% en bourse, qui s’est insurgée contre les partis populaires et a averti qu’il représentait un fort revers économique pour l’entreprise publique, qui devrait « réexaminer » son plan d’investissement dans les aéroports, désormais estimé à 9 991 millions d’euros.

Transport dans une Espagne vidée

Une autre des mesures promues par le PP concerne la structuration territoriale de l’Espagne dite vidée, à travers plusieurs amendements. L’un d’eux, le numéro 109, est destiné au transport routier et vise à protéger les arrêts de bus en zone rurale. Cette modification introduit un amendement à l’article 48 et supprime la phrase qui établit que « les arrêts (de bus) intermédiaires des services relevant de la compétence de l’État seront, en général, dans les villes principales de l’itinéraire correspondant ». Les plus populaires éliminent la référence aux « villes principales » et exigent que le nouveau texte maintienne les arrêts et les itinéraires actuels, établissant que « le gouvernement espagnol garantira les arrêts, horaires, fréquences et itinéraires actuels qui remplissent la fonction de connexion territoriale ».

Par ailleurs, l’amendement numéro 143 va dans le même sens et établit l’obligation de mettre en œuvre un Plan de Convergence pour l’Accès de Base à la Mobilité, sur une base annuelle, dans le but de « planifier la correction du déséquilibre territorial existant en termes d’accès aux infrastructures de transport ». Ce plan cherchera à identifier les déséquilibres et proposera des investissements ou des primes dans les transports pour les corriger, mesures qui doivent être intégrées chaque année dans les budgets généraux de l’État.

Un autre amendement (131) modifie la vingtième disposition supplémentaire, introduite par le gouvernement après un accord avec la BNG, qui exigeait la conception de nouveaux services ferroviaires pour la Galice. Dans la modification, l’exclusivité de cette étude à la Galice est supprimée et le PP l’étend « à toutes les communautés autonomes », de sorte que « dans un délai d’un an à compter de l’entrée en vigueur de cette loi, le ministère des Transports et de la Mobilité durable réalisera une étude de nouveaux services ferroviaires pour la mobilité quotidienne » dans toutes les régions. L’objectif est d’avoir « une première évaluation de la nécessité de mise en œuvre et de sa viabilité », en plus d’établir une étude pour « l’éventuelle réorganisation des services à moyenne distance existants et leur complément avec des services de bus régionaux ».

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