L’Australie, pionnière dans l’interdiction des mineurs sur les réseaux sociaux, continue de prendre des mesures pour restreindre leur utilisation et a annoncé un projet de loi par lequel les Australiens pourront choisir s’ils souhaitent recevoir du contenu personnalisé par des algorithmes ou le désactiver, une réglementation que le gouvernement travailliste prévoit de préparer cette année.
La proposition, présentée aujourd’hui, établira de nouvelles obligations pour les grandes plateformes numériques afin de garantir des normes minimales de sécurité et de réduire les risques pour leurs utilisateurs. Le non-respect de ces règles pourrait entraîner des amendes pouvant aller jusqu’à 109,2 millions de dollars australiens (67,69 millions d’euros) pour les entreprises.
Sous la devise « my content, my way », les réseaux sociaux doivent offrir à leurs utilisateurs la possibilité d’accéder à des contenus personnalisés grâce à des algorithmes ou de ne voir que les publications des amis et des créateurs qu’ils ont choisi de suivre.
Premier ministre australien Anthony Albanese / Europa Press/Contact/Jason Franson – Archives
« Il ne s’agit pas de donner le contrôle au gouvernement, mais de donner le contrôle au peuple », a déclaré Albanese dans un communiqué, dans lequel il a affirmé que l’Australie était « le leader mondial » avec son interdiction des médias sociaux pour les moins de 16 ans et sa stratégie de sécurité numérique.
La nouvelle réglementation renforcera également la protection des mineurs de moins de 18 ans contre les contenus promouvant les troubles de l’alimentation, la pornographie, les idées hostiles aux femmes, les délits ou les comportements dangereux, ainsi que les contenus pouvant causer de graves dommages à la santé mentale, y compris le harcèlement.
Cette initiative intervient après que l’Australie ait interdit l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans le 10 décembre 2025, une mesure pionnière au niveau mondial qui oblige les principales plateformes à empêcher les mineurs de moins de cet âge de tenir un compte sous peine de lourdes amendes.

Une personne interagissant avec l’application Facebook sur son téléphone mobile. UTILISATEURS. RÉSEAUX SOCIAUX /EPC
Le régulateur australien de la sécurité sur Internet, eSafety, a toutefois mis en garde contre les difficultés rencontrées pour faire respecter l’interdiction et, selon plusieurs médias locaux, aucune plateforme n’a été condamnée à une amende jusqu’à présent, même si les enquêtes indiquent qu’une majorité de mineurs qui utilisaient les réseaux sociaux avant l’entrée en vigueur de cette règle continuent d’y accéder.
La nouvelle législation vise à étendre la protection au-delà du contrôle de l’âge et couvre également les jeux vidéo, les applications, les plateformes de messagerie et les chatbots d’intelligence artificielle.
Le projet permettra également à eSafety d’ordonner la suppression d’applications ou de pages facilitant la création de fausses images sexuelles et de rationaliser les procédures contre la cyberintimidation des enfants et l’abus numérique des adultes.
Le gouvernement prévoit de présenter le projet de loi au Parlement cette année, une fois la période de consultation terminée. En cas d’approbation, eSafety sera l’organisme chargé de superviser le respect et d’appliquer les nouvelles sanctions.