La sextech est une industrie en plein développement avec un potentiel économique considérable. Dans les 50 milliards de dollars d’ici quelques années promettent certains. Et pourtant si une personne veut se lancer dans cette aventure, c’est uniquement sur ses fonds propres qu’il doit le faire. Banques, fonds d’investissement, investisseurs publics ou privés, tous refusent de s’impliquer dans cette aventure.

Les exemples sont nombreux, BSensory nous l’a expliqué dans le passé, le site troctonplaisir.com aussi et sexhightech n’est pas en reste à être confronté à ces difficultés.

Un site anglais s’est créé sous le nom très précis de adultxfunding, pour concurrencer les plateformes mainstream que sont Kickstarter ou Indiegogo et qui n’acceptent pas de produits ouvertement adultes.

Les raisons de ce refus de financer la sextech sont nombreuses. La morale est sans doute une des raisons les plus importantes. Comme pour le sexe en général, tout le monde pratique, mais personne ne veut en parler.

Si on remonte un peu plus dans le passé, on se souvient du scandale provoqué par l’organisation de la cérémonie des Hot D’Or à Cannes, en même temps que le festival du film. Avec les pressions et autres coupures de courant intempestives.

Pour beaucoup de personnes la sextech, fait d’abord penser au porno et à des gens qui couchent avec des robots. Bref des gens peu fréquentables. Alors que la thématique est beaucoup plus vaste allant certes du porno en Vr jusqu’à toutes les appli de santé sexuelle qui peuvent améliorer la vie de chacune et de chacun en passant par les sites de rencontre.

Les casques de réalité virtuelle sont d’abord utilisés pour mater du porn. Les jeux adultes explosent et les sextoys n’ont jamais eu autant de modèles différents et de clientes

La rentabilité de la sextech n’est plus à prouver. Il ne s’agit donc pas d’une question de produit ou d’idées.

Une question de vocabulaire pour la sextech ?

Le magazine Hot Vidéo avait, consciemment ou inconsciemment banni un terme de ses pages. Celui de « porno ». On y parlait de films X, de films pour adultes, de chaud-business, les scènes étaient Hot, hard, les actrices étaient toutes des stars du X et les Hot d’Or venaient récompenser cette industrie, elle aussi florissante. Les stars du X donc étaient les invitées des média, parfois un peu trop, pas toujours pour de bonnes raisons.

Et puis internet est apparu. Les films X ont disparu et le porno a fait son grand retour sur le devant de la scène. Les stars du X ont disparu, un peu comme les productions de qualité, elles sont redevenues de actrices porno pour certaines, des cam-girls pour d’autres, le glamour a laissé place à des exhibitions sur les réseaux, quand c’est autorisé.

Avec internet, le porno s’est refait une réputation détestable alors qu’il n’a peut-être jamais autant rapporté.

Et si tout n’était finalement qu’une question de vocabulaire ?

C’est la question que pose le site Futur Of Sex, reprenant une conférence de Cindy Gallop, papesse de la sextech – elle en a même apporté une première définition – et fondatrice sur site makelovenotporn. Le vocabulaire est il un frein à l’expansion de la sextech ?

sex toys de la sextech
Comment appeler les sex toys pour qu’ils participent à la reconnaissance de la sextech

Au delà de certains mots comme télédildonique ou gynoides qui semblent sortis de quelques livres cyberpunk des années 80, Cindy Gallop estime qu’un des premiers mots qui devrait être repensé n’être autre que celui de « sextoy », ou “sex toy ».

Le mot « toy », utilisé dans cette expression, même s’il faut référence à quelque chose de ludique et d’amusant, ne s’adresse pas aux adultes. Les grands n’ont plus jouets !

Cindy Gallop aurait même déjà pensé à un nouveau mot pour désigner cet objet de plaisir, un nouveau nom qu’elle devrait dévoilé un peu plus tard, quand le moment sera propice.

On ne peut que saluer cette initiative comme toute initiative qui va dans le sens d’une meilleure reconnaissance de la sextech. Mais même si le mot choisi par Cindy Gallop est adopté par tous, compréhensible et prononçable dans toutes les langues et pas uniquement en anglais, combien de temps faudra-t-il pour que les médias s’en emparent, la rendent publique et lui confèrent une respectabilité qui n’effraiera plus les investisseurs. La route va être longue.

En attendant, si vous pensez, vous aussi, que le mot sextoy qui en France regroupe tous les vibro, dildos, godes et autre réalistics devrait être remplacé ? N’hésitez pas à faire des propositions en commentaire, nous nous ferons un plaisir de la faire suivre à celle qui a ouvert le débat !

1 Comment
Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.