La Maison Blanche a assuré mercredi que le gouvernement espagnol avait accepté de coopérer avec l’armée américaine après que le président Pedro Sánchez ait réaffirmé sa position de ne pas abandonner les bases militaires de Rota et Morón pour l’opération contre l’Iran, affirmant qu’ils ne seraient pas « complices » de quelque chose qui est « mauvais pour le monde » simplement par « peur des représailles ». Des sources de la Moncloa affirment qu’il n’y a pas eu de dialogue et nient la prétendue coopération.
« Faux », répondent-ils catégoriquement de l’exécutif pour ajouter que « nous n’avons rien parlé avec eux ». Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a également démenti la Maison Blanche lors d’un entretien à la « Cadena Ser »: « Notre position de ‘non à la guerre’ reste absolument claire et ferme. » « Je le nie catégoriquement », a-t-il répondu, affirmant que la position du gouvernement sur la guerre au Moyen-Orient et les bombardements en Iran « n’a pas changé du tout ».
D’autre part, le ministre des Affaires étrangères a confirmé que les bases de Rota et Morón ne seront pas utilisées par les États-Unis pour cette guerre, les limitant à « toute opération toujours dans le cadre de la charte des Nations Unies ».
« Je comprends qu’au cours des dernières heures, ils ont accepté de coopérer avec l’armée américaine. Pour autant que je sache, ils se coordonnent (sur cette question) avec leurs homologues espagnols », a expliqué la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, lors d’une conférence de presse. De même, il a indiqué que le président des États-Unis, Donald Trump, espère « que tous les alliés » coopéreront à cette mission, assurant que l’Iran « menace non seulement les États-Unis », mais aussi le continent européen.
Ce même matin, Pedro Sánchez a exprimé son rejet de l’attentat lors d’une déclaration institutionnelle en passant de la condamnation à « l’exigence de la cessation des hostilités ». « Nous ne serons pas complices de quelque chose qui est mauvais pour le monde et contraire à nos valeurs et intérêts simplement par crainte de représailles. »
« Ressources diplomatiques et matérielles »
La porte à la collaboration que le chef de l’exécutif a ouverte était avec « tous les pays de la région » qui prônent la paix et le respect de la légalité internationale, « qui sont les deux faces d’une même médaille, en les soutenant avec les ressources diplomatiques et matérielles nécessaires ». Des partenaires européens tels que la France et la Grèce ont envoyé du matériel défensif à Chypre suite à l’attaque iranienne contre une base britannique.
En essayant à tout moment d’équilibrer les critiques à la fois contre l’attaque des États-Unis et d’Israël et contre le régime « répressif » des ayatollahs, il a entonné un triple « non » pour soutenir la position de l’Espagne dans ce conflit : « Non à la faillite d’un droit international qui nous protège tous, en particulier la population civile la plus sans défense. Non à l’idée que le monde ne peut résoudre ses problèmes qu’avec des bombes. Non à la répétition des erreurs du passé. Un « désastre », comme il l’a décrit, d’où n’émergerait pas un ordre international plus juste, mais plutôt « davantage d’incertitude économique et une augmentation des prix du pétrole et du gaz ».