La France élit son Parlement avec l’extrême droite aux portes du pouvoir

La France est aujourd’hui confrontée à des élections législatives anticipées pour lesquelles elle est appelée aux urnes à proximité 49 millions d’électeurs et dans lequel il n’existe aucun scrutin qui ne donne la victoire à l’extrême droite. Le premier département pour lequel il existe déjà des données, celui de Nouvelle Calédonie, où le jour du scrutin s’est terminé (en raison du décalage horaire), a été enregistré une part de 32,39% par rapport aux 13,06% enregistrés au même moment lors des élections de 2022 et aux 15,76% lors des élections de 2017.

Jusqu’à présent, les sondages donnaient au Reagrupamiento Nacional une majorité relative, mais depuis vendredi dernier, certains, comme Elabe, commencent à parler d’un majorité absolue possible de l’extrême droite avec l’alliance des Républicains, la droite française traditionnelle. Le Regroupement national obtiendrait entre 220 et 260 sièges, tandis que leurs alliés, les Républicains d’Éric Ciotti, en auraient entre 20 et 35. De quoi, dans l’estimation la plus élevée, pour atteindre les 289 députés nécessaires pour obtenir la majorité absolue.

Même si cette option commence à sonner avec force, l’Elysée maintient l’espoir que l’extrême droite reste majoritaire relative. Dans ce cas, et comme l’avait déjà promis le leader d’extrême droite Jordan Bardella, il ne se présenterait pas comme candidat au poste de Premier ministre. Pour autant, Emmanuel Macron deviendrait le troisième président de la République à gouverner en cohabitation. Il l’a déjà fait Jacques Chirac entre 1997 et 2002, lorsqu’il a dû cohabiter avec Lionel Jospin, premier ministre socialiste, après avoir convoqué des élections législatives anticipées. Une démarche qui, comme celle du macronisme, a également mal tourné.

Dans le cas d François Mitterrand, Le président a dû gouverner à deux reprises sous ce système : entre 1986 et 1988 avec Jacques Chirac comme premier ministre, et entre 93 et ​​95 avec Edouard Balladur.

Pour autant, nous serions désormais confrontés à un moment historique, puisque ce serait la première fois que l’extrême droite accède au gouvernement français par le vote des citoyens, et selon les experts, la montée de l’extrême droite et une éventuelle cohabitation compliqueraient encore davantage les choses à Macron, qui serait confronté à un blocage parlementaire, plus prononcé que jusqu’à présent, pour approuver les lois et les budgets.

Une gauche unie mais fissurée

Après la débâcle macroniste aux élections européennes du 9 juin et la convocation d’élections législatives anticipées, la gauche a rapidement montré sa capacité à s’unir dans un Nouveau Front populaire, malgré des divergences internes, dans le but de créer une barrière à l’extrême droite.

Au fil des semaines et à l’approche du premier tour, les fissures se sont accentuées avec des désaccords qui portent le nom de La Francia Insumisa. La figure de son leader, Jean-Luc Mélenchon, Cela génère certains désagréments et divisions internes, et bien qu’il ait affiché sa volonté d’être Premier ministre, cette décision ne convainc pas les rangs du syndicat de gauche.

La stratégie des socialistes au sein du Nouveau Front Populaire consistant à miser sur la figure de l’ancien président François Hollande, pour constituer une base d’électeurs, ne semble pas avoir généré l’attrait escompté. Malgré cela, le Nouveau Front Populaire se positionne comme la deuxième force avec le plus d’intentions de vote, derrière l’extrême droite, et comme la seule capable de lutter contre le lepénisme.

Une responsabilité qui incombe à la gauche, qui n’a pas présenté pour l’instant son éventuel candidat au poste de Premier ministre, au cas où elle remporterait une victoire et devrait gouverner en cohabitation avec Emmanuel Macron.

Une forte participation

Les derniers sondages prédisent un participation quasi historique aux élections législatives avec 63%, C’est 15,5 points de plus que lors des précédentes élections législatives de 2022. A 17 heures ce dimanche, la participation a atteint 59,39 pour cent, soit une différence de près de 20 points de pourcentage au-dessus de celle enregistrée jusqu’à cette même heure lors des élections de 2022 (39,4 pour cent). selon les données du ministère de l’Intérieur.

Le président français Emmanuel Macron vote aux élections législatives à Paris. /Yara Nardi

Le vote des jeunes et le vote de la France rurale ont été déterminants tout au long de cette campagne, où l’extrême droite a su récolter ses suffrages avec un jeune leader doté d’une grande capacité à rapprocher la politique des nouvelles générations, et l’expérience de Marine Le Pen, conscient du sentiment d’abandon dans les zones rurales. Lors des dernières élections européennes, le Regroupement National était en tête des listes des 93% du territoire français.

Jusqu’à vendredi après-midi, avant de commencer la journée de réflexion, les sondages donnaient la victoire au Regroupement National avec 36%, suivi du Nouveau Front Populaire avec 28-29%, et de la majorité présidentielle avec 19,5%. Pour la première fois, les sondages donnent au macronisme la possibilité d’accéder au second tour, et même si le sentiment de fin de l’ère macroniste s’installe depuis des semaines dans les rues de France, certains ont encore de l’espoir : « J’ai encore J’espère que le Nouveau Front Populaire fera un retour historique, comme celui du Barça, vous savez », nous dit en riant un Parisien de Saint Ouen.