Les discours de haine sur les réseaux sociaux se sont multipliés ces dernières années et touchent particulièrement les femmes, les personnes LGBTI, les migrants, les personnes racisées, les personnes handicapées ou encore les personnes appartenant à des communautés religieuses. Juste au cours de la semaine où le baromètre du PDG a ébranlé la politique catalane en soulignant qu’Aliança Catalana et Vox pourraient atteindre 34 députés au Parlement, le gouvernement de la Generalitat a annoncé qu’il incorporait une nouvelle application qui lui permettra de surveiller ces discours de haine en ligne afin d’essayer d’éviter qu’ils ne deviennent viraux ou impunis.
La Generalitat disposera de cet outil grâce à la signature d’un accord entre le Département de l’Égalité et du Féminisme avec le Ministère de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations et qui lui permettra d’utiliser la plateforme utilisée au niveau de l’État par l’Observatoire espagnol du racisme et de la xénophobie (OBERAXE). Il s’agit de la première collaboration que cette entité formalise avec une communauté autonome et permettra d’analyser les discours de haine qui se propagent en catalan.
Ce qui se passe sur les réseaux sociaux se traduit dans la vie réelle. Un Torrepacheco ne peut plus être répété
« Ce qui se passe sur les réseaux sociaux a des implications dans la vie réelle. Un Torrepacheco ne peut pas se répéter », a déclaré la ministre Elma Saiz lors de la signature de l’accord. Le chef du ministère de l’Inclusion a précisé qu’au cours du seul mois dernier, 52 900 discours de haine ont été détectés sur des réseaux tels que X, Instagram, Facebook, TikTok et YouTube et que parmi ceux-ci, 42 % ont été supprimés.
Contre l’impunité
Le gouvernement entend désormais suivre la même voie dans une Catalogne où le vote pour des partis d’extrême droite comme l’Aliança Catalana a explosé. « Nous ne pouvons pas permettre que la haine se propage à travers les réseaux. Ignorer ses effets destructeurs serait une irresponsabilité impardonnable », a défendu le président de la Generalitat, Salvador Illa, qui a souligné qu’il s’agissait d’une question clé pour préserver la cohésion sociale, la coexistence et la démocratie. « Celui qui le fait paie : dans les quartiers, dans la rue et sur les réseaux. La haine n’est pas un concept abstrait », a-t-il prévenu.
Celui qui le fait paie : dans les quartiers, dans la rue et sur les réseaux
Cette semaine encore, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la Generalitat s’est concentrée sur la violence sexiste numérique. C’est ce qu’a rappelé la ministre d’Igualtat i Feminisme, Eva Menor, qui a souligné la multiplication des cas de cyberintimidation sur ces plateformes dont l’algorithme amplifie les messages d’extrême droite. « Nous devons détecter et agir », a-t-il affirmé, expliquant qu’avec cette application, ils pourront préparer des rapports publics et déterminer si ces discours peuvent constituer une infraction pénale ou une sanction administrative.
En tout cas, l’objectif est qu’elles ne restent pas sans réponse, même si les institutions elles-mêmes reconnaissent les difficultés des plateformes à ne pas assumer leurs responsabilités ou à ce que la voie judiciaire n’apporte pas de réponse efficace. Selon des sources du ministère, au début de l’année prochaine, la plateforme pourra fonctionner à pleine capacité. « Nous voulons être une référence dans la lutte contre les discours de haine car ils sont le prélude aux crimes de haine », a conclu Menor.
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