JOUR OUVRABLE | Javier Morant, indépendant : « Une journée de travail de 14 heures pour que Yolanda dise que je ne peux en travailler que 37 par semaine »

La deuxième vice-présidente et ministre du Travail, Yolanda Díaz, a présenté une proposition visant à réduire la journée de travail légale maximale en Espagne à 37,5 heures par semaine sans réduction de salaire, dans le cadre de son objectif d’améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée et de lutter contre la précarité. Cette mesure, saluée par les syndicats et certains secteurs du travail salarié, a suscité un large débat quant à son applicabilité dans différents environnements de travail, notamment dans ceux où le contrôle des horaires est complexe, voire carrément impossible.

Pour les travailleurs indépendants, cette proposition est difficile à appliquer en pratique. Contrairement aux salariés, les indépendants n’ont pas d’horaire fixe ni de structure hiérarchique leur permettant de déléguer des tâches ou de se déconnecter à une heure précise. Votre journée dépend du volume de travail, de la demande des clients, du besoin de revenus et, souvent, de votre propre ambition professionnelle. En ce sens, beaucoup d’entre eux considèrent avec scepticisme une réglementation qui, bien que bien intentionnée, est perçue comme étant loin de leur réalité quotidienne.

14 heures par jour de travail

L’un des cas qui a le plus retenu l’attention sur les réseaux sociaux est celui du jeune Javier Morant, un indépendant de 21 ans qui a partagé une vidéo sur TikTok (@morantttttt) montrant à quoi ressemble une journée entière de travail avec lui. Le clip commence par une phrase aussi ironique que forte : « Une journée de travail de 14 heures pour Yolanda pour dire qu’on ne peut en travailler que 37 par semaine. »

Selon Morant dans sa vidéo, sa journée commence à sept heures du matin dans un bureau, où il commence à gérer les e-mails, à résoudre les incidents avec les fournisseurs et à conclure les contrats en cours. Le tout en organisant des réunions virtuelles et en préparant une présentation clé.

Après une brève pause déjeuner, le jeune homme se rend dans un centre éducatif où il coordonne un cours. En fin d’après-midi, il est chargé de revoir sa propre entreprise, de superviser ses opérations et de s’occuper des questions administratives. Et alors que la plupart terminent la journée, Morant a encore l’énergie nécessaire pour entraîner une équipe de football.

La vidéo, qui a accumulé des milliers de vues et de commentaires, a ouvert un débat sur les limites de la journée de travail et la capacité réelle de nombreux jeunes à s’adapter aux nouvelles mesures. Alors que les réglementations promues par le ministère du Travail cherchent à protéger le travailleur et à promouvoir la qualité de vie, des cas comme celui de Javier Morant illustrent une réalité beaucoup plus complexe, dans laquelle de nombreux jeunes et indépendants combinent plusieurs emplois ou projets pour pouvoir avancer.

Commentaires

Les commentaires sur la vidéo reflètent la polarisation du débat : certains critiquent la romantisation de la précarité de l’emploi et préconisent de travailler moins et de vivre plus, en lançant des messages tels que « les gens qui réussissent ne travaillent pas 14 heures, ils ne travaillent que ce qui est nécessaire » ou « le reste d’entre nous veut vivre et ne pas être esclave du travail ». D’autres, cependant, louent les efforts de Morant, valorisant son engagement et sa détermination avec des phrases telles que « Bravo pour vos efforts » ou « Vous êtes libre de travailler aussi longtemps que vous le souhaitez ».

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