Il existe un réseau social qui apparaît encore et encore dans les recherches sur la santé mentale des adolescents. Et contrairement à ce que beaucoup pensent, cette fois il ne s’agit pas de TikTok.
Le Dr José Abellán, cardiologue, a participé à une étude dirigée par le chercheur José Francisco López Gil dans laquelle ils analysent un échantillon de centaines d’adolescents qui désigne directement Instagram comme la plateforme ayant le lien le plus clair avec les troubles de l’alimentation (DE). Les données nous invitent à repenser fondamentalement ce que consomment les plus jeunes à chaque fois qu’ils déverrouillent leur téléphone portable.
Instagram et TCA : que disent les statistiques ?
L’étude a mis à la loupe le comportement numérique de 653 garçons et filles sur Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat et TikTok, à la recherche de traits de dépendance et de symptômes compatibles avec la dysfonction érectile. La conclusion est forte : plus l’utilisation des réseaux est intensive, plus le risque est grand. Selon les propres mots du chercheur, ils ont découvert que « l’utilisation intensive des réseaux sociaux et la dépendance aux réseaux sociaux étaient associées de manière statistiquement significative à des comportements compatibles avec les troubles de l’alimentation ».
Mais il y a une nuance à noter : toutes les plateformes ne pèsent pas le même poids. Instagram se démarque des autres comme le réseau le plus lié à ces comportements à risque. C’est ce que souligne le médecin dans une vidéo partagée via son profil : « Les comportements associés compatibles avec les troubles du comportement alimentaire n’étaient pas simplement l’addiction aux réseaux sociaux, mais surtout l’utilisation d’Instagram. »
Le piège des filtres et l’idéalisation du corps sur l’écran
Pourquoi Instagram et pas un autre ? La réponse réside dans la conception de l’application elle-même. La plateforme pousse la comparaison sociale constante avec des corps retouchés, filtrés et édités jusqu’au dernier pixel. Et les adolescents, en pleine construction de leur identité, sont le groupe le plus exposé à cette distorsion.
Abellán le résume ainsi : « Cette idéalisation du corps et la comparaison sociale avec ce qui apparaît à l’écran, l’utilisation de filtres qui est absolument universelle et insensée à l’heure actuelle. » En outre, il met en garde contre quelque chose que beaucoup négligent : le problème ne vient pas seulement des publicités ou des célébrités classiques, mais des créateurs de contenu eux-mêmes qui montrent une version impossible de la réalité, une vie qui n’existe pas en dehors du « flux ».
Examen de conscience
L’étude identifie plusieurs indicateurs d’alarme dont toute famille devrait être consciente : modification de l’humeur basée sur l’utilisation du téléphone portable, conflits dérivés des réseaux et dépendance émotionnelle à la validation numérique. Tous augmentent le risque de développer un trouble de l’alimentation à un stade particulièrement vulnérable.
Loin de désigner uniquement les autres, le médecin s’inclut dans l’appel, comme un diffuseur présent sur les réseaux. Son message repose sur l’aveu suivant : « Les influenceurs ou les modèles ne montrent pas la réalité de notre quotidien (…) le quotidien est bien plus laid que ce qu’on voit sur les réseaux sociaux et il faut être très clair là-dessus. » Et cela ajoute un dernier feu rouge : l’anonymat comme carburant de la haine, qui transforme tout commentaire destructeur en un déclencheur possible pour un adolescent à l’estime de soi déjà mise à mal.