Jessica Drake et Wicked Pictures quand les films porno participent à plus de tolérance

4 semaines ago Sex High Tech 0

Le salon de Venus, à Berlin, a été l’occasion de croiser de nombreuses personnes. Un de mes grands plaisirs aura été de revoir après de nombreuses années Jessica Drake et Steve Orenstein, respectivement actrice sous contrat et patron de la société Wicked Pictures. Je n’allais pas me priver de papoter avec eux entre nostalgie et curiosité de découvrir ce qu’ils sont devenus. Sexdolls, films avec des trans, éducation sexuelle, au programme de cette discussion informelle entre deux signatures de contrats et de dédicaces.

Wicked Pictures est avant tout une société qui produit des films X, plutôt à gros budgets et qui apparemment ne souffre pas trop de la conjoncture, comme le reconnait son patron. « Ce n’est pas un secret que le marché du DVD est en déclin, mais le business ne va pas trop mal. On continue à produire quatre films par mois, on a toujours quelques actrices sous contrat comme Jessica Drake qui est avec nous depuis une dizaine d’années maintenant« .

Mais je suis maintenant sexhightech alors ce qui m’intéresse le plus fait, c’est son approche de la sextech.

jessica drake
Jessica Drake au salon Venus de Berlin

A priori, la sextech n’est pas dans les priorités de la société américaine. Quand les autres tentent de trouver de nouveaux créneaux, notamment avec le porno en réalité virtuelle, Steve Orenstein reste fidèle à la politique de sa société. Si c’est pour faire comme les autres, cela ne l’intéresse pas. « On essaie toujours de se différencier des autres. Tout le temps qu’on n’aura pas une idée géniale et totalement nouvelle, qui fera la différence, nous resterons en retrait. Je ne dis pas que nous ne le ferons jamais mais que le jour où nous le ferons ce sera vraiment différent. » Dont acte !

Pourtant, il y a deux choses, que Wicked Pictures ne faisait pas par la passé et qu’ils font maintenant. Les films avec des trans et les sexdolls.

Remettons les choses dans le contexte avant que vous vous emportiez.

Dans le passé, il y avait une connotation péjorative, on ne disait même pas trans mais « shemales ». Il existaient quelques sociétés qui produisaient ces films qui appartenaient à ce que l’on appelait à l’époque une niche. Comme black, beurette, grosses voire même bi ou gay.

Wicked Pictures n’a jamais fait dans la niche, tournant des films « grand publique adultes« .

Les temps changent. Jessica Drake a ainsi tourné un film avec 3 femmes trans. Sous le titre « Jessica Drake is Wicked ».

« C’est la première fois pour Wicked Pictures et Jessica de tourner avec des trans. On ne l’a pas fait pour capitaliser sur un marché ou une mode. On l’a fait dans l’esprit de Jessica qui consiste à dire que les gens sont comme ils sont et si j’ai envie d’avoir une relation avec cette personne, je le fais. » Explique Steve Orenstein qui ajoute « C’est important de faire tomber les préjugés et d’ouvrir les esprits, d’éduquer aussi les personnes qui regardent nos films. Il y a eu une critique du film où il était question de « tranny » (un terme péjoratif pour les trans). Jessica a dit à l’auteur que s’il retirait ce mot pour parler de trans, elle ferait suivre la critique au près des fans, sinon elle refusait de s’associer à cette terminologie. »

La présence de femmes trans dans une film adulte « généraliste » fait aussi partie de l’ambition de Jessica Drake d’ouvrir les esprits.

Le grand tournant dans la carrière de Jessica Drake est intervenu il y a 6 ans quand elle devient « Certified Sex Educator », Conseillère sexuelle diplômée. Elle fait des conférences à l’Université, dans des magasins de vidéos pour adultes, se rend à des salons comme Sexpo en Australie ou en Afrique du Sud. Elle a lancé une ligne de DVD « Jessica Drake’s Guide to Wicked Sex ».

« C’est une de mes passion d’aider les gens à explorer leur sexualité. Au début je voulais apprendre à avoir du meilleur sexe. Mais c’était une mauvaise direction. Plus je pratique, plus j’apprends et j’ai beaucoup appris sur la diversité, la tolérance, l' »inclusivité » et comment en fait tout le monde a besoin d’éducation sexuelle et pas seulement les couples. On ne peut plus dire que les couples c’est un homme et une femme. Ca peut être tout le monde, ce sont deux personnes. »

Le film « Jessica Drake is Wicked » est l’objet de controverses, ce qui lui vaut d’avoir une longue interview sur le site forbes.

Jessica Drake est aussi une RealDoll

La seconde implication de la société Wicked Pictures dans la sextech, c’est l’accord passé il y a quelques années, avec les Sociétés Abyss Creation et Real Dolls pour la commercialisation de sexdolls ressemblant à leurs stars sous contrat.

jessica drake« Nous avons signé un contrat d’exclusivité pour qu’ils fassent les Wicked Girls. Il y a entre autres Alectra Blue, Kaylani Lei, Stormy Daniels, et bien sur Jessica Drake. » explique encore Steve Orenstein.

Les realdolls sont vendues autour de 6000 dollars mais quand on achète une Jessica Drake, on a plus qu’une poupée. « Quand on achète ma poupée, on reçoit un vêtement qui m’appartient. La société qui les envoie en a à disposition. Si ensuite vous me contactez, vous pouvez recevoir un paquet dans lequel il y aura au choix une robe de soirée, un pyjama pour son confort, de la lingerie sexy pour le sexe. J’envoie aussi mon propre parfum, ma laque pour les cheveux et même mon propre gloss pour les lèvres. Pas neuf mais utilisé parce qu’il fait partie de la poupée. Et je l’envoie pour une livraison le lendemain. » Explique Jessica Drake qui tient à la proximité avec ses fans.

Et elle se souvient de la première poupée qui a été vendue. « La personne qui l’a achetée est assez connue dans l’univers des collectionneurs de dolls. Il l’a achetée à Las Vegas, au salon AVN et il a traversé le pays en voiture en postant des photos du trajet. J’ai trouvé cela fascinant. »

jessica drakePour Jessica Drake, la sexdoll n’est pas sa seule incursion dans l’univers de la sextech. Comme beaucoup d’actrices elle a son fleshlight chez Kiiroo qui permet de se connecter à des vidéos pour avoir le sentiment d’un rapport privilégié avec la star.

« J’adore tous les produits We-Vibe, je les utilise souvent en voyage. Et j’aime l’idée des télécommandes. Cela me rappelle une soirée dans un club échangiste. Une femme avait un plug anal vibrant et son partenaire donnait la télécommande à des inconnus. La femme ne pouvais jamais savoir qui et quand allait se déclencher l’appareil. »

Jessica drake
Merci pour la dédicace
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