Ces derniers temps, une nouvelle pratique visant à réduire l’anxiété est devenue virale : le jeûne dopaminergique. Il s’agit de l’abstinence volontaire du neurotransmetteur responsable du transport des signaux entre les neurones et de la régulation des fonctions vitales telles que le plaisir, la motivation, l’apprentissage et le contrôle des mouvements. Le but de cette pratique n’est pas de se priver des choses qui nous rendent heureux, mais de réduire les stimuli qui génèrent une satisfaction immédiate.
C’est ainsi que l’explique le psychiatre Enrique Rojas : « Le soi-disant jeûne dopaminergique consiste à apprendre à limiter certains stimuli et à retrouver la capacité d’abandonner. Non pas à vivre sans plaisir, mais à réorienter ses comportements avec équilibre et liberté », explique-t-il dans une publication sur Instagram. Selon Rojas, c’est la clé pour libérer notre esprit de tout ce qui requiert une attention immédiate et offre une gratification rapide, comme les écrans, les notifications ou le contenu numérique.
Les grands générateurs de dopamine
Nous vivons entourés de milliers de stimuli. Le problème est que l’esprit s’habitue à recevoir des récompenses faciles, sans aucun effort. L’entrepreneur américain James Sinka l’a réaffirmé dans une interview accordée à « BBC Mundo », où il a exposé quatre des grands générateurs de dopamine : les réseaux sociaux, l’alimentation, la pornographie et les drogues. « Nous savons que les créateurs de réseaux sociaux utilisent autant de stimulation que possible pour générer plus de dopamine », a-t-il déclaré.
Il a ensuite souligné que les drogues comme la marijuana sont de plus en plus puissantes, que la pornographie est « extrêmement stimulante » et que – avec la vitesse de l’Internet disponible – il est aujourd’hui plus facile pour les utilisateurs et les consommateurs d’accéder à ce type de contenu ; quelque chose qui, à long terme, peut provoquer une tolérance cérébrale qui réduit la capacité générale à profiter d’activités communes moins agréables comme la socialisation.
Reconnecter le cerveau
Rojas souligne que le jeûne dopaminergique « ne consiste pas à éliminer le plaisir, mais plutôt à le gouverner à nouveau ». De même, la psychiatre et auteur du livre « Dopamine Nation », Anne Lembke, explique que cette pratique reprogramme les voies de récompense du cerveau en seulement 30 jours. Cependant, cela ne fonctionne pas de la même manière pour tout le monde : « Ce que je fais depuis 20 ans lorsque je travaille avec des personnes dépendantes de certains comportements ou substances, c’est un jeûne dopaminergique différent.
« Je ne vous demande pas de vous abstenir de toutes les expériences qui vous procurent du plaisir, mais je vous demande d’identifier ce comportement ou cette substance particulière avec laquelle vous avez des problèmes », explique-t-il. Ce que Lembke propose, c’est de suivre le jeûne indirectement : stimulez d’abord la douleur par des exercices ou des tâches qui nécessitent un effort important, afin que plus tard le cerveau vous récompense avec plus de dopamine. « C’est comme payer d’avance », conclut l’expert.