Premier hackathon du sexe à Paris, promouvoir le sexe et le chic à la française

5 mois ago Sex High Tech 1

Le premier hackathon du sexe en France s’est déroulé du 19 au 21 mai dernier à l’école 42 à Paris. Il a réuni une soixantaine de participants. 69 pour être précis avec ce chiffre hautement symbolique quand il est question de sexualité. Au coeur de l’événement, rencontres, amour, sexualité, sexe et santé avec une volonté de défendre le sexe et le chic à la française.

« Nous sommes très contents de cette première édition. Il y avait beaucoup de motivation et certaines personnes ont reconnu que c’était mieux que d’autres hackathon auxquels elles ont l’habitude de participer. » Pour Gille de Bast, co-organisateur de l’événement, la satisfaction est d’autant plus grande que « Deux semaines avant le début du SexTechLab, nous avons eu la belle surprise de voir la société Dorcel signer un partenariat avec nous » et il reconnaît que « cela nous a permis d’aller plus loin, avec plus de financement, une meilleure organisation et plus de cadeaux à la fin. »

Si les organisateurs de ce hackathon du sexe, ADN Startup et le collectif de designers Humain-Humain, peuvent se réjouir de son succès, rien n’était gagné au départ. L’industrie du sexe dans son sens le plus large est toujours mal perçue et ce ne sont pas les quelques 30 milliards de dollars dont 22 milliards de dollars pour les simples sextoys qu’elle génère chaque année au monde, qui suffisent à rassurer les banques, les investisseurs ou les institutions. En 2017, les tabous ont toujours la vie dure et nombre d’exemples viennent le confirmer presque chaque semaine. Et pourtant…

« Il y a une idéologie à la française en matière de sexualité, un chic à la française que tous les participants veulent conserver et promouvoir. »

« Nous avons constaté qu’il y avait une vraie volonté d’innover dans la sexualité » explique toujours Gille de Bast « Une grande envie de dépasser les barrière, d’aller contre les tabous de l’entreprenariat qui n’acceptent pas les sociétés qui parlent de sexe. » Il va même plus loin « En parlant avec les membres du jury et les mentors, nous avons découvert le désir de défendre la SexTech à la française, la French SexTech » ce qu’il définit comme « l’envie de créer un modèle à la française, une manière de développer l’amour, la sexualité et la rencontre » avant de conclure « Il y a une idéologie à la française en matière de sexualité, un chic à la française que tous les participants veulent conserver et promouvoir. »

Quand on lui demande ce qu’est ce chic à la française, il reprend sans hésiter l’exemple de Christel Le Coq, la co-fondatrice de B_Sensory « A la différence de ses concurrents Hush ou Lush, elle veut être plus proche de ses consommateurs, montrer que les données sont bien protégées, bien cryptées. Un rapport plus personnel et intime, au plus proche des gens qui lisent sa littérature érotique connectée. Il y a quelque chose de plus personnel, de plus chaleureux dans le rapport aux utilisateurs qu’on ne trouve pas chez les Américains. Ils ne sont pas sur ce modèle. »

Education, rencontre et plaisir du couple, les vainqueurs du hackathon du sexe

C’est sans doute pour cette raison que les 3 projets qui ont remporté les premiers prix abordent l’éducation, la santé, la rencontre et les couples dans une approche très intime.

Le grand vainqueur de ce premier hackathon du sexe s’appelle Speach. C’est un chatbot destiné à Messenger sur Facebook pour répondre à toutes les questions liées à la sexualité que des jeunes de 13 à 18 ans pourraient se poser. La rencontre de l’intelligence artificiel, de la santé et de l’éducation des jeunes. Quand on connaît la difficulté qu’ont les jeunes à aborder ces questions avec les adultes, voire entre eux, on comprend l’importance du projet. sexhightech abordait récemment la question « Les chatbots peuvent ils permettre l’éducation des adolescents dans un avenir proche ? »

La difficulté pour Speach pourrait être maintenant de convaincre l’Education Nationale et le Ministère de la Santé de participer au développement de ce projet.

Dans un autre registre et nettement plus humoristique TUMAMM (Trouve Un Mec A Ma Mère). Il s’agit d’une application de dating destinée aux enfants des parents célibataires et qui souhaitent « caser » leur parent isolé. Le principe étant de réunir les enfants en fonction des centres d’intérêt des parents pour, à terme, organiser des événements où se rendraient ces parents célibataires. Une autre manière de s’appuyer sur le rapport parents-enfants.

Enfin troisième vainqueur de ce Hackathon du sexe, Can U (Peux tu). Une application pour entretenir la flamme dans les couples en leur offrant la possibilité de se lancer des petits défis coquins pour pimenter leur relation sexuelle.

Certes si ces projets sont intéressants, ils ont un petit goût de déjà vu et on pourrait peut-être regretter un manque de relle innovation ? « Ce qu’il faut retenir de ce week end, ce n’est pas tant le produit final que les moyens pour y parvenir » explique Gille de Bast. « En 50 heures et 4 minutes de pitches, il est impossible de tout expliquer. Et c’est sans doute dans toute la partie technique que se situera la vraie innovation. C’est cela qui aura sans doute une influence dans l’avenir. » La partie cachée de l’iceberg en quelque sorte ?

hackathon du sexe
Présentation de l’expérience du sextoy contrôlé par la pensée © Collectif Humain-Humain

Marc Dorcel annonce l’incubateur Dorcel Lab

Et c’est peut-être là tout le sens de ce premier hackathon du sexe à Paris, faire émerger de jeunes talents en leur donnant les moyens de se lancer et de mener à terme leurs projets.

Ce sera d’alleurs peut être plus facile pour certains dans l’avenir grâce à l’incubateur Dorcel Lab, lancé par le numéro 1 de la vidéo X en France. « A travers le SexTechLab qui ne regroupe pas uniquement des personnalités de la SexTech, nous avons réussi à apporter quelque chose à la société Dorcel, à transformer sa stratégie de marketing voire globale sur le secteur. Et nous nous réjouissons que le premier projet qui sera incubé au sein de Dorcel Lab soit un projet présenté chez nous » reconnaît Gille de Bast.

Ce projet c’est Porn It Yourself, une sorte de Airbnb du X qui veut mettre en relation des équipes de tournages pro et des couples désireux de réaliser un film X à usage personnel.

Le SexTechLab prépare donc l’avenir de notre sexualité et une nouvelle édition devrait se tenir l’année prochaine sur la lancée de ce premier succès. Mais les organisateurs ne veulent pas se reposer et préparent des partenariats dans d’autres pays, comme la Belgique ou New York dans le but de faire rayonner cette French SexTech dans le monde. Plus proche de nous, le 10 juin prochain, à la Halle de la Villette, le SexTechLab sera présent à Futur en Seine pour une conférence sur technologies et sexualité intitulée « La tech va-t-elle sauver la sexualité ou bien détruire nos relations ? »

Finalement, l’appel lancé par Nicolas Colin en mars 2016 sur le site thefamily affirmant « We Want More Sex (Startups) » a peut-être été entendu !

Source images : twitter et Humain-Humain