Des messages sur de prétendus contrôles massifs du Trésor sur Bizum circulent depuis des mois sur les réseaux sociaux, les vidéos virales et les chaînes WhatsApp. Mais tous les paiements effectués via cette application ne doivent pas être déclarés et l’Agence fiscale ne supervisera pas non plus chaque transfert entre amis ou famille.
L’Organisation des Consommateurs et Utilisateurs (OCU) a publié un guide pour clarifier ce qui se passe réellement avec Bizum face à la campagne Revenu et aux changements réglementaires prévus pour 2026. Et le message principal est clair : Bizum ne bénéficie pas de traitement fiscal particulier. Ce qui importe pour le Trésor, ce n’est pas le mode de paiement utilisé, mais l’origine et la nature de l’argent reçu.
L’Agence fiscale elle-même a également précisé que la nouvelle obligation d’information qui entrera en vigueur en 2026 n’affectera pas les paiements privés habituels entre particuliers, comme le partage d’un dîner, le partage de frais de voyage ou la restitution de l’argent avancé par une autre personne.
En Espagne, Bizum est devenu l’un des outils de paiement quotidiens les plus répandus. Les statistiques de la Banque d’Espagne montrent une augmentation de 8,5 % des opérations non monétaires, Bizum et les paiements mobiles étant les principaux moteurs de cet écosystème.
Ce qui change vraiment avec Bizum en 2026
Une partie de la confusion vient des nouvelles réglementations qui obligeront les entités financières à déclarer mensuellement au Trésor les frais perçus par les hommes d’affaires et les professionnels via Bizum et d’autres systèmes de paiement numérique.
Cependant, la mesure n’implique pas que l’Agence fiscale recevra des informations détaillées sur chaque Bizum envoyé entre particuliers. Comme l’a précisé le Trésor, les banques communiqueront des montants globaux liés aux activités économiques, et non de petits paiements personnels entre amis ou en famille.
La clé, rappellent les fiscalistes et l’OCU elle-même, est que Bizum fonctionne comme n’importe quel autre virement bancaire. Autrement dit, si un indépendant facture ses clients via Bizum, ces revenus doivent être déclarés de la même manière que s’ils avaient été reçus par carte ou par virement traditionnel. Il en va de même pour les locations, les activités professionnelles ou les ventes régulières à retombées économiques.
Au contraire, les déplacements quotidiens sans finalité économique ne génèrent normalement pas d’assujettissement à l’impôt. «Je paie le dîner et ensuite tu me fais un Bizum» reste, fiscalement, une simple répartition des dépenses.
Des paiements pouvant attirer l’attention du Trésor
Bien qu’il n’y ait pas de limite officielle spécifique pour Bizum parmi les particuliers, les experts rappellent que le Trésor peut enquêter sur des mouvements bancaires incohérents ou des revenus récurrents injustifiés, surtout lorsqu’ils présentent l’apparence d’une activité économique.
Il convient également de faire la distinction entre les paiements personnels et les transactions qui peuvent correspondre à d’autres hypothèses fiscales, telles que les dons réels, les locations cachées ou les ventes habituelles.
En ce sens, l’OCU insiste sur le fait qu’une bonne partie de l’alarme générée autour de Bizum provient d’interprétations exagérées ou carrément fausses sur la portée de la nouvelle obligation d’information, dans un contexte marqué par l’agitation autour du lancement de l’outil Bizum Pay.
L’essor des paiements numériques a accru la traçabilité de nombreuses opérations financières, mais cela ne signifie pas que chaque petit mouvement quotidien aura des conséquences fiscales. Le Trésor était déjà en mesure d’accéder aux informations bancaires pertinentes avant ces changements. La nouveauté cette année sera principalement le renforcement et l’automatisation de certains contrôles sur les activités économiques, et non sur le habituel Bizum entre particuliers.