Bruxelles a donné son feu vert à l’une des acquisitions de l’année parmi les entreprises technologiques. La Commission européenne a approuvé ce mardi sans conditions le rachat de la plateforme israélienne de sécurité cloud Wiz par Google, qui finira par être clôturée pour un montant de 32 milliards d’euros. L’instance présidée par Ursula von der Leyen a conclu que l’opération, qui lui a été notifiée le 6 janvier dernier, « n’aura pas d’impact négatif sur l’espace économique européen ».
« La transaction concerne principalement le secteur en croissance rapide de la sécurité du cloud, dans lequel opèrent à la fois Google et Wiz. Ceci est étroitement lié au marché des infrastructures cloud, dans lequel Google opère en collaboration avec d’autres fournisseurs », a détaillé Bruxelles dans un communiqué publié ce mardi. L’opération était convenue depuis mars dernier, mais les services communautaires l’ont soumise à une enquête approfondie pour vérifier si elle pouvait mettre en danger la concurrence dans le secteur.
De cette manière, Google déboursera 32 milliards de dollars – ce qui constituera la plus grande acquisition de son histoire, triplant les 12,5 milliards de dollars payés pour Motorola Mobility en 2012 – pour consolider sa position dans le secteur de la sécurité du cloud, ainsi que la capacité d’utiliser plusieurs de ces infrastructures, essentielles à l’intelligence artificielle (IA).
Google est en concurrence avec Amazon et Microsoft
« Sur le marché des infrastructures cloud, Google est confronté à la concurrence d’Amazon Web Services (« AWS ») et de Microsoft Azure, qui occupent des positions très fortes. Les solutions de sécurité multi-cloud aident les clients à déployer et à diversifier leur charge de travail sur plusieurs cloud, y compris Google Cloud Platform », déclare la Commission, estimant que Google dépasse les deux sociétés en termes de part de marché dans l’infrastructure cloud.
Compte tenu de la diversification du secteur, l’agence a conclu qu' »il existe plusieurs concurrents fiables vers lesquels les clients pourraient se tourner si Google décidait d’intégrer la plateforme de sécurité multi-cloud Wiz dans ses produits existants, ou si la plateforme Wiz cessait de fonctionner avec d’autres cloud que celui de Google », bannissant tout soupçon de tentative de monopole de la part du géant de la Silicon Valley.
Plusieurs fronts ouverts entre les partis
La première vice-présidente et commissaire à la concurrence de la Commission européenne, Teresa Ribera, a confirmé son approbation de l’opération dans le communiqué européen, affirmant qu’elle « ne pose pas de problèmes de concurrence dans les services cloud ou de sécurité du cloud dans l’Espace économique européen ».
La vérité est que Google et la Commission européenne ont accumulé une longue liste de désaccords. Les deux parties maintiennent trois différends ouverts concernant des pratiques susceptibles d’entraîner des sanctions pour le géant : abus de position dominante dans la publicité sur Google, pour lequel la Commission a infligé une amende de 2,950 millions d’euros et Google prépare un ensemble de mesures ; une enquête antitrust visant à déterminer si Google utilise le contenu des éditeurs et de YouTube pour entraîner ses fonctions d’IA ; et les actions de la réglementation des marchés numériques (DMA), pour lesquelles l’entreprise technologique pourrait faire face à une pénalité de plusieurs millions de dollars.