La journaliste et militante Cristina Fallarás a témoigné ce lundi devant les tribunaux de Saragosse pour le procès ouvert après la plainte du rappeur Ayax contre elle, où elle a assuré qu’« il s’agit d’un procès contre le mouvement témoignage » et a rappelé qu’elle « n’a jamais » publié le nom de l’artiste.
« Il devient clair que ce n’est pas un procès contre moi, c’est-à-dire un procès contre le mouvement des témoignages, contre lequel cet homme a décidé de porter plainte », a assuré Fallarás dans des déclarations aux médias à la sortie des tribunaux de Saragosse.
Fallarás a recueilli l’histoire d’une agression sexuelle sur son profil Instagram et a rappelé : « Je n’ai jamais publié son nom, son nom a été publié dans de nombreux médias, il a été publié dans de nombreux endroits et pourtant il a choisi de me dénoncer ».
Pour autant, elle considère qu’« il y a une indication claire » du mouvement du témoignage, dans lequel elle sert « de canal » à de nombreuses femmes.
Concernant le procès, auquel a participé un groupe de soutien au journaliste, elle a déclaré s’être sentie « très soutenue » et « assez calme ».
« Il devient également clair qu’en fin de compte, la victime, c’est moi », a-t-elle déclaré, car depuis le début du processus, elle et sa famille ont subi du « harcèlement ». « Je ne sais pas comment vous osez vous qualifier de victime », a-t-il ajouté en faisant référence au plaignant.
Concernant la procédure menée ce lundi, il a précisé avoir répondu aux questions posées par son avocat et a indiqué qu’elle avait été « avec force ».
« Je n’ai aucune idée de la façon dont je me suis retrouvée impliquée dans ce processus ni des mécanismes de cette société qui font que c’est moi qui siège devant le juge et non lui », a-t-elle ajouté.
Enfin, Fallarás a avancé qu’après sa déclaration, « il faudra désormais décider si un procès aura lieu ou non ».
L’écrivaine a également publié sur son profil Instagram des centaines de témoignages anonymes de victimes de violences sexuelles, cas qu’elle a compilés dans le livre « Ne publiez pas mon nom » fin 2024, dans lequel elle a rassemblé près d’un millier d’exemples de ce type.
Dans la dernière partie de l’année 2024, plus d’une douzaine de femmes ont accusé le duo de rappeurs grenadins Ayax & Prok de violences sexuelles sur les réseaux sociaux, c’est pourquoi l’organisateur du concert qu’elles devaient donner le 28 mars 2025 au Centre WiZink de Madrid a annulé l’événement.
Après les accusations d’agression sexuelle rendues publiques sur le profil Instagram @DenunciaGranada, ce n’est pas la seule performance des rappeurs qui a été annulée.