Les élections régionales en Saxe-Anhalt ont donné à l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) d’extrême droite non seulement une victoire avec un résultat record, mais ont également obtenu la majorité absolue qu’elle souhaitait pour mettre fin au pare-feu allemand. C’est un triomphe absolu pour un parti surveillé par les services secrets allemands pour son « extrémisme incontestable », qui à l’époque atterrir La partie orientale du pays est dominée par son aile la plus radicale et proche du néonazisme. Elle a également révélé l’effondrement du centre politique et notamment celui de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) du chancelier Friedrich Merz. Les réductions des retraites et des prestations sociales promues par sa coalition avec les sociaux-démocrates sont une gifle non seulement pour les citoyens de cette partie du pays, mais pour l’ensemble d’une Allemagne économiquement stagnante et où la précarité sociale s’accroît.
L’AfD va-t-elle gagner le pouvoir ?
L’attente entourant les élections de ce petit atterrir L’Est était immense, tant en Allemagne qu’à l’échelle internationale. La majorité absolue implique de placer un parti au pouvoir, même à l’échelle régionale, où cohabitent courants néo-nazis et pro-russes. Votre leader en atterrirUlrich Siegmund, la nouvelle star du parti, a assuré pendant la campagne qu’il ne gouvernerait que s’il pouvait le faire sans dépendre de partenaires. Dans ses premières déclarations, alors que le dépouillement est en cours, il a réaffirmé qu’il ne voit pas d’alliés potentiels en perspective. En l’absence de résultats définitifs, seule une concentration des forces des autres partis ayant des sièges, de la CDU de Merz à La Gauche, serait en mesure de bloquer l’extrême droite. Le parti de la chancelière se trouve face à un dilemme puisque, selon les résolutions successives de son congrès fédéral, il ne doit pas coopérer avec l’AfD, mais non plus avec la gauche. L’AfD, de son côté, pourrait compter sur le soutien de la gauche pro-russe de Sahra Wagenknecht, seul parti disposé à ne pas le bloquer.
Fente vers le centre
L’effondrement du centre politique et en particulier de la CDU est aussi incontestable que le triomphe de l’AfD. Les 17,5% obtenus par le parti de Merz signifient qu’il a perdu plus de la moitié des voix qu’il possédait il y a quatre ans. Le Parti social-démocrate, partenaire de Merz au gouvernement fédéral, ne s’en sort pas mieux, mais s’est plutôt stabilisé en faiblesse : 9,2%, un pourcentage légèrement supérieur à celui des élections régionales précédentes. Friedrich Merz ne peut pas, ou ne doit pas, faire semblant de détourner le regard. Au lendemain de l’attaque reçue dimanche dans un atterrir qu’il a à peine visité pendant la campagne sera difficile pour un chancelier arrivé au pouvoir, en mai 2025, avec la promesse de réduire de moitié le pourcentage électoral de l’AfD – qui, à l’époque, lors de ces élections législatives, s’élevait à 20,8 %. Il est désormais humilié avec ces 44 % pour l’AfD, un succès des radicaux qu’il ne peut tenter de minimiser en lui donnant le rang de victoire régionale, puisque l’AfD est aussi la force leader dans les intentions de vote à l’échelle nationale.
Le défi de la gauche
La gauche, le parti que la CDU a tenté d’accaparer politiquement après la réunification, avec Helmut Kohl à la chancellerie, et qu’Angela Merkel a également voulu isoler du pouvoir, est devenue un élément incontournable contre l’AfD. L’option de l’intégrer dans un gouvernement de coalition régionale entre la CDU, les sociaux-démocrates et les Verts est lointaine. Mais pour la CDU, la possibilité d’un gouvernement minoritaire « toléré » de gauche est dans l’air, que ce soit en Saxe-Anhalt ou dans d’autres Länder. C’est un défi non seulement pour les conservateurs, mais aussi pour la formation de gauche elle-même. La coopération impliquera de soutenir explicitement les lignes du gouvernement Merz à Berlin. C’est-à-dire à la fois une politique d’immigration de plus en plus restrictive et un réarmement, au détriment de la politique sociale. Leur récompense serait d’abandonner l’étiquette d’héritiers politiques du régime est-allemand pour s’élever au rang de « sauveurs » de la démocratie.