Ebrima Drammeh, un ‘tiktoker’ contre les mafias

« La migration n’a pas d’importance car ceux qui risquent leur vie en mer sont des enfants de familles pauvres. » Ebrima Drammeh prononce cette phrase avec le courage de quelqu’un qui en a trop vu et qui ressent la migration comme une blessure ouverte. Des mères qui attendent un appel qui n’arrive jamais, des jeunes qui disparaissent dans l’océan et des familles qui vendent le peu qu’ils ont pour payer un voyage qui se termine souvent dans le silence. Ebrima ne parle pas dans le confort de son bureau ou dans la froideur des statistiques. Il parle de mémoire, de la peur, de la solitude et de l’incertitude de quelqu’un qui sait ce que signifie quitter la maison. Il a quitté la Gambie, poussé comme tant d’autres par l’espoir et le besoin. Il imaginait l’Europe comme un endroit où il pourrait trouver du travail, de la stabilité et un moyen de subvenir aux besoins de ses proches. Dans sa décision, il y avait de l’espoir, mais aussi de l’ignorance. C’est cette distance entre le rêve et la réalité que l’on tente aujourd’hui d’expliquer à ceux qui envisagent de monter à bord d’un canoë.