Digisexualité : la sexualité de ceux qui aiment les robots qu’ils aient une forme humaine, de sextoys connectés ou de bots comme Siri. Le sexe virtuel va-t-il devenir une nouvelle norme du sexe du futur ?

Après avoir lu un article américain sur l’apparition de la digisexualité, Sexhightech se penche lui aussi sur cette question qui va devenir centrale dans les années à venir. Puisqu’il s’agit de nommer des personnes dont l’appétit sexuel est majoritairement satisfait par le sexe virtuel. Le sexe du futur se construit aujourd’hui.

Il ne s’agit pas exclusivement des poupées adultes qui arrivent en masse sur le marché. La pornographie offre désormais du contenu 3D accessible à l’aide de casques de réalité virtuelle, des jeux de rôle en ligne tels que 3dx Chat permettent aux gens d’interagir sexuellement entre eux en utilisant uniquement des avatars. Sans oublier tous les sextoys connectés qui rentrent aussi dans cette catégorie des robots. Et que dire Siri ou Cortina avec lesquels certains utilisateurs entretiennent une relation presque amoureuse ? Harmony, la poupée sexuelle de RelaBotixx est passée en janvier 2018 du stade de simple application à celui de premier robot sexuel.

digisexualité

Au CES de Las Vegas, Matt McMullen (à droite) présente Solana, la soeur d’Harmony

Tout cette idée de la digisexualité est partie d’un nouveau rapport publié dans le Journal of Sexual and Relationship Therapypar des chercheurs en éthique de l’Université du Manitoba (Canada). Ils expliquent clairement que les psychothérapeutes doivent être prêts à faire face à une augmentation du nombre de patients revendiquant à la digisexualité.

«L’ère du sexe virtuel immersif est arrivée», affirme le professeur agrégé Neil McArthur, directeur du Centre d’éthique professionnelle et appliquée. «Au fur et à mesure que ces technologies progresseront, leur adoption augmentera et les gens pourront s’identifier en tant que digisexuels, des personnes dont l’identité sexuelle primaire provient de l’utilisation de la technologie.
On est bien au coeur de la sextech.

Une poupée d'amour pour vous
Faites l'expérience des sexdolls

La digisexualité est déjà pratiquée

« Beaucoup de gens trouveront que leurs relations avec cette technologie font partie intégrante de leur identité sexuelle et certains préféreront même ces rapports à des actes sexuelles avec les humains. »

« Il ne fait aucun doute que les sexbots arrivent. Les gens vont être en totale connexion avec leurs compagnons robot. Ces robots seront faits sur mesure pour répondre aux désirs des gens et faire des choses que les partenaires humains ne peuvent ou ne veulent pas faire. Pour cette raison, un nombre important de personnes viendront probablement utiliser les robots comme leur principal mode d’expérience sexuelle. » continue le professeur McArthur.

Samantha et Harmony les premiers robots sexuels

Aux Etats Unis, Abyss Creations, qui vend le modèle « Harmony », développe une AI qui permet des conversations et se connecte à une application qui apprend en même temps que l’utilisateur. La société espère également mettre sur le marché une version mobile au cours de la prochaine décennie. En Espagne Synthea Amatus propose Samantha et un certain. nombre de réponses programmées là encore pour dialoguer. Samantha qui pourrait même devenir la première poupée sexuelle a être fabriquée en masse pour répondre à la demande des clients.

En Chine, un ingénieur de l’intelligence artificielle, Zheng Jiajia, a épousé un robot qu’il avait lui-même construit, après avoir échoué à trouver une vraie épouse. dépuis il construit des robots pour les autres. Il existe comme cela bien d’autres exemples au Japon et plus récemment en Grande Bretagne où un homme qui a défrayé la chronique en présentant sa love doll qui partage son quotidien avec sa famille. La digisexualité est bien déjà une pratique

« L’impact global de la digisexualité sera positif »

Un sondage réalité par le Huffington Post montrait de 86% des personnes interrogées pensaient que les robots sexuels seraient capables de satisfaire leurs désirs sexuels. Et selon la Foundation for Responsible Robotics, (FRR) près de 70% des hommes et 30% des femmes sont prêts à utiliser des robots sexuels qui coutent pour l’instant entre 5000 $ et 15 000$. Le sexe, la taille, la couleur des cheveux, des ongles et même dans certains cas de la personnalité peuvent être « customisés » selon le désir des clients.

Le professeur Noel Sharkey, professeur émérite d’IA et de robotique à l’ Université de Sheffield et fondateur de la Fondation pour la robotique responsable , a déclaré: «Nous allons voir des gens utiliser des robots sexuels, mais les chiffres peuvent être encore faibles. »

Les auteurs du nouveau rapport mettent également en garde contre le fait que la digisexualité pourrait nuire aux relations, en provoquant éventuellement le divorce, et en provoquant des sentiments de honte et de culpabilité, tout en laissant les usagers endettés. Cependant, ils concluent que l’impact global de la digissexualité sera positif, permettant aux gens de ressentir plus de plaisir sexuel et d’avoir de nouvelles expériences, en particulier pour les personnes qui ont du mal à trouver des partenaires humains ou qui ont subi un traumatisme sexuel.

Dans l’article américain mentionné au début de l’article, Maxine Lynn écrit

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"Célibataire ou non, le sexe et l’amour restent des besoins humains naturels. Certains vont-ils se tourner vers des poupées artificiellement intelligentes? Après tout, il n’y a pas d’engagement, pas d’arguments, pas de mariage, et par conséquent, pas de divorce émotionnellement épuisant et coûteux. Au lieu de cela, il y a du sexe quand on le souhaite, un look qui ne change jamais ou ne vieillit pas, et une relation bon marché (sauf, bien sûr, au moment de l’achat de la poupée sexuelle). Aussi, pour les gens qui sont timides, ou qui ont une anxiété sociale sévère, eh bien, les poupées ne sont pas des personnes, et donc elles ne vont jamais rejeter l’autre."

Alors avant de rejeter le sexe virtuel qui s’annonce comme être le sexe futur sous le nom de Digisexualité, peut-être pourrions nous comme ces poupées de sexe, accepter tout simplement cette différence de sexualité.

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