Les chatbots peuvent ils permettre l’éducation des adolescents dans un avenir proche ? C’est à cette question que Doug Robinson, PDG et fondateur de Fresh Digital Group, une start-up spécialisée dans les solutions pour mobiles, tente d’apporter une réponse sur le site Quartz.

Le terme éducation ne renvoie pas au collège ou à l’université mais aux questions que pourraient poser des adolescents à leurs parents, si la communication était plus facile. Et pour cause. Quel ado va aller voir ses parents en demandant “Je peux prendre l’alcool si je suis sous exta ? », « Est ce qu’on peut faire une fellation sans risquer d’attraper un herpès ? » Et pourtant les réponses pourraient leur sauver la vie.

C’est là que les chatbots peuvent prendre tout leur sens. Autant les parents peuvent paniquer, s’emporter ou simplement éluder la question, les chatbots eux n’ont aucun sentiment, ils ne jugent pas celui qui pose la question, ni même la question. Du coup, comme l’explique Doug Robinson “Il y a des moments où le soutien émotionnel d’un bot peut être préférable à celui d’un humain.“

En 1996, un chercheur du MIT avait inventé ELIZA, qui au départ se contentait de renvoyer la question à la personne. “Je suis déprimé“ disait quelqu’un, à quoi ELIZA répondait “Pourquoi être vous déprimé ?“ Basique mais le chercheur est vite surprise de l’attachement de certaines personnes à ce chatbot.

Plus proche de nous, en 2011 SIRI, le bot d’Apple, commence à aborder des questions un peu plus réelles et après quelques modifications du programme, il est capable de rediriger les personnes vers des lignes d’assistance contre le suicide ou les agressions sexuelles. Mais si ce n’est pas parfait cela reste encore incomplet.

En 2016 la société AI X2AI a créé un robot de psychothérapie capable d’adapter ses réponses en fonction de l’état émotionnel des patients. AU départ il était utilisé pour soigner des réfugiés syriens souffrant de stress et de stress post traumatique.

Ces améliorations en l’espace de 20 ans, permettent donc mieux aujourd’hui de répondre aux questions des adolescents.

L’éducation sexuelles et aux drogues est désormais prête à être confiée à chatbots. Ils n’ont pas de sentiments, pas d’avis sur la question et ne portent pas de jugement. Et surtout ils évitent de passer des heures à chercher sur le net des informations fournies par des sites qui ne sont pas forcément fiables. On l’a vu récemment en France avec toutes les questions sur l’avortement et les faux sites d’apparence sérieuse rédigés par des militants anti IVG.

chatbots et l'intimité des adolescents

Toujours selon Doug Robinson, il faudra se poser une question sur l’éthique de ces robots. “Des enseignants, des thérapeutes qui seraient informés d’un risque de danger pour un adolescent sont tenus de prévenir les autorités compétentes. Les bots devront ils faire la même chose ?“ Demande Robinson. On trouve déjà une coalition appelée “Friends of Chatbot Coalition“ (Les amis des chatbots) a vu le jour pour réunir des développeurs autour de toutes les questions que peut poser cette technologie comme la vie privée ou le potentiel d’exploitation. Ce groupe suggère d’ailleurs que les “bots puissent prêter serment“ comme le font les médecins.

D’ici quelques années, les chatbots pourraient devenir les meilleurs amis de nombre d’adolescents.

Pour lire toute l’intervention de Doug Robinson en anglais : ici

 

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