Bruxelles demande à X d'expliquer pourquoi elle a réduit de 20% le nombre de modérateurs de contenu

Le nouveau droit des services numériques (DSA dans son sigle en anglais) continue de bouleverser les grandes plateformes. Ce mercredi, la Commission européenne a adressé une demande d'informations au réseau (ancien Twitter) à propos du activités et ressources de modération de contenu de la L'entreprise d'Elon Musk ainsi que l'évaluation des risques liés à l'utilisation d'outils d'intelligence artificielle générative. L'entreprise a jusqu'au 17 mai pour répondre.

Concrètement, Bruxelles souhaite que l'entreprise lui fournisse des informations détaillées et des documents internes sur ses ressources de modération de contenus. La pétition répond aux conclusions du dernier rapport de transparence préparé par l'entreprise en mars de cette année, en réponse aux exigences du DSA, et qui a montré que le réseau X a réduit son équipe de modérateurs de contenu de près de 20 % depuis octobre 2023réduisant notamment la couverture linguistique au sein de l'Union européenne de 11 langues de l'UE à 7.

La Commission cherche également à obtenir plus de détails sur évaluations des risques et les mesures d'atténuation liés à l’impact des outils d’IA générative sur les processus électoraux, la diffusion de contenus illégaux et la protection des droits fondamentaux.

La nouvelle demande d'explications représente un « pas de plus » dans une enquête que l'Exécutif de Communauté a lancée en décembre 2023 en ouvrant une procédure formelle pour une éventuelle violation du DSA dans les domaines liés à la gestion des risques, à la modération des contenus, aux dark patterns, à la transparence de la publicité. et l'accès aux données pour les chercheurs.

Le réseau X a jusqu'au 17 mai pour envoyer les informations demandées concernant la modération des contenus et l'IA générative et jusqu'au 24 mai pour faire état des doutes restants de Bruxelles.

Conformément à l'article 74, paragraphe 2, du DSA, la Commission peut imposer des amendes pour informations erronées, incomplètes ou trompeuses en réponse à une demande d'information. Par ailleurs, en cas d'absence de réponse, la Commission peut décider de demander les informations par voie de décision. Dans ce scénario, le défaut de réponse dans le délai pourrait entraîner l'imposition de astreintes.

Risques de désinformation

Cette annonce coïncide également avec le lancement d'une série d'actions de sensibilisation aux risques de désinformation, de manipulation de l'information et d'ingérence étrangère, dans la période précédant la élections européennes qui aura lieu entre le 6 et le 9 juin dans l'UE. L'un d'eux est un campagne de communication en collaboration avec le Groupe européen des régulateurs des services de médias audiovisuels (ERGA), qui rassemble les 27 organismes de régulation nationaux indépendants dans le domaine des services audiovisuels, visant à informer les citoyens sur les risques associés, à encourager la pensée critique et à fournir des conseils pratiques sur la manière de repérer et combattre la désinformation.