Ces dernières heures, un commentaire d’Albert Batlle lors d’une audition publique avec les habitants de Ciutat Vella a fini par devenir l’une des polémiques politiques de la semaine à Barcelone. Ce que le conseiller de ce quartier a présenté comme une anecdote personnelle, et a demandé qu’elle ne soit pas interprétée comme de la frivolité, a été considéré par de nombreux habitants comme des paroles malheureuses à une époque de préoccupation particulière pour la protection de la population la plus vulnérable contre les températures élevées. Le fragment, d’une durée d’à peine 30 secondes, est devenu viral sur les réseaux sociaux, où il a suscité de nombreuses critiques.
Critiques du quartier concernant les abris climatiques
Vers la fin de la séance de cette audience publique, un voisin prend la parole pour dénoncer que dans le quartier de la Barceloneta les abris climatiques sont insuffisants, notamment avec la fermeture de certaines bibliothèques et centres civiques pendant l’été. Le voisin souligne également que la publicité pour les abris climatiques n’atteint pas ceux qui pourraient en bénéficier le plus, puisqu’il affirme avoir personnellement vérifié que, malgré la récente canicule, certaines de ces installations sont restées presque vides ces jours-ci. L’homme considère donc que le message ne passe pas. « Il s’agirait peut-être d’en faire davantage la promotion, avant de les retrouver morts chez nous », ajoute-t-il.
A son tour, le voisin critique également les matériaux choisis pour paver certaines places, qu’il juge inappropriés en raison de la chaleur qu’ils dégagent : « Vous pouvez y faire cuire des œufs à midi, car il fait très chaud », dit-il en référence à la place Ramon Berenguer.
La réponse controversée d’Albert Batlle
Dans sa réponse à ce voisin, Albert Batlle commence par assurer que la mairie tentera d’élargir le réseau des refuges climatiques et d’étendre les horaires des installations municipales. « Le problème, c’est que tout ferme en août. Nous essaierons d’ouvrir ces espaces également en été », dit-il, ajoutant ensuite une anecdote familiale qui est à l’origine de la polémique.
« Ne prenez pas ce que je vais dire comme frivole. Une de mes tantes, aujourd’hui décédée, a dit cela. Elle disait toujours : ‘Je passe l’été au Corte Inglés’. Je parle d’il y a 30 ans. Dans le sens où il existe une culture dans laquelle les installations privées servent également à cela. » Ensuite, l’édile ajoute : « Évidemment, nous n’installerons pas de ventilateurs ou d’abris climatiques à chaque coin de rue, mais il existe de nombreux espaces, certains publics et d’autres privés, où l’on peut se rafraîchir davantage. » Enfin, Batlle rappelle également que, traditionnellement, certains citoyens ont recours à des espaces comme les cinémas pour se protéger de la chaleur.
Dans les coupures diffusées sur les réseaux, la référence à El Corte Inglés a été principalement partagée, ce qui a conduit certains voisins à considérer le commentaire comme déplacé et comme un signe de manque de sensibilité envers la population la plus vulnérable.
Réactions sur les réseaux sociaux
Ainsi, les déclarations ont suscité de nombreuses réactions. L’Associació Veïnal Som Barri, du quartier de Vallcarca, a partagé le fragment viral sur
D’autres utilisateurs ont également répondu avec des commentaires sarcastiques, tels que : « Message reçu, M. Batlle ! Nous procédons à l’occupation des centres El Corte Inglés et les utilisons comme abris climatiques au profit des citoyens de Barcelone. »
Parmi les critiques politiques, le communicateur Fonsi Loaiza a partagé le montage de la vidéo sur les réseaux sociaux, soulignant qu’Albert Batlle, adjoint au maire de Barcelone du PSC, « était déjà conseiller municipal en 1983, il y a 43 ans, et directeur des Mossos » et qu' »il défend El Corte Inglés comme refuge climatique ».
Débat dans un contexte de chaleur extrême
La polémique s’inscrit également dans la situation de l’un des quartiers de la Ciutat Vella, Raval, considéré comme le plus vulnérable aux températures élevées de Barcelone en raison du manque d’arbres, de la forte densité de population et du faible pouvoir d’achat de nombreux habitants, qui ne peuvent pas toujours se permettre la climatisation dans leur maison.