Dans un contexte aussi tendu du marché immobilier, l’achat d’appartements via Telegram est devenu une tendance immobilière croissante, mais aussi sur un terrain dangereux.
Selon l’agent Sergio Gutiérrez, il existe un risque réel pour ceux qui n’ont pas d’expérience professionnelle : réservations sans contrat, intermédiaires fantômes et commissions surprises qui peuvent signifier des milliers d’euros perdus.
Un phénomène immobilier suspecté
Sergio Gutiérrez, un expert en immobilier, a expliqué dans une vidéo sur ses réseaux sociaux qu’il était sur le point de conclure l’achat d’un appartement via Telegram, mais qu’il a finalement abandonné car « quelque chose de mauvais pourrait vous arriver ».
Selon leur récit, ils ont d’abord proposé de réserver la maison pour 5 000 euros, mais des commissions inattendues sont apparues : 10 000 euros de frais, puis une autre personne a demandé 15 000 euros d’avance.
Le plus alarmant : des documents de réservation mal rédigés, de seulement quatre lignes et surtout sans réelles garanties.
Ce témoignage coïncide avec un état d’alerte croissant. En-têtes comme Le pays Ils ont déjà décrit « l’euphorie immobilière » sur Telegram, où les appartements sont annoncés en urgence, sans visites, sans appels d’offres et sans promesses de rentabilité élevée.
Escroqueries, squatters et opérations opaques
L’utilisation de Telegram sur le marché immobilier n’est pas anodine. La Police Nationale met en garde contre les signes classiques d’arnaque : prix très bas, pression pour payer d’avance et refus de visiter l’appartement.
En outre, on a détecté de prétendues « sociétés immobilières de squatters » qui opèrent sur les réseaux sociaux et proposent des logements occupés comme s’ils étaient légitimes, avec une documentation laxiste ou inexistante.
Récemment, un cas grave a été découvert : un homme a été arrêté pour avoir simulé la vente ou la location de logements squattés à Barcelone et à L’Hospitalet, collectant plus de 200 000 euros grâce à de faux contrats.
Une autre activité illégale est ce que l’on appelle le « squatting à la carte », où des étages inoccupés de fonds ou de banques sont artificiellement occupés pour ensuite vendre des « droits de squatting » sur les réseaux.
Risques juridiques et financiers
Pour les investisseurs non professionnels, le modèle économique qui circule sur Telegram peut paraître séduisant, mais il n’est pas sans risques.
Personne utilisant Telegram, dans un fichier image. / Wikimédia Commons
En l’absence de contrats solides, la possibilité de récupérer des réserves est limitée. Comme le prévient Gutiérrez, ces intermédiaires « fantômes » peuvent disparaître ou les conditions changer d’un jour à l’autre.
Par ailleurs, selon certains acheteurs interrogés par Le paysles entreprises du secteur reconnaissent qu’elles ne peuvent pas surveiller l’état réel de tous les logements ainsi vendus.
Recommandations face à cette mode grandissante
- Méfiez-vous des offres qui nécessitent des paiements rapides sans contrat ou sans visite de la maison.
- Demandez une documentation claire, y compris des contrats de réservation ou des acomptes, et évitez les accords informels via le chat s’ils ne sont pas formalisés par écrit.
- Visitez toujours la propriété avant d’effectuer tout paiement.
- Consultez un avocat ou un conseiller immobilier expérimenté, surtout s’il s’agit d’investissements.
- En cas de doute ou si vous détectez un comportement suspect, adressez-vous à la Police ou déposez une plainte.
L’avertissement de Gutiérrez n’est pas isolé : le marché immobilier sur Telegram combine la promesse de bonnes affaires avec un manque structurel de garanties juridiques. Pour de nombreux acheteurs, toutes ces paillettes peuvent cacher des pièges très coûteux.