Bruxelles agit contre Alphabet, Apple et Meta pour non-respect de la loi sur les marchés numériques

Cela ne fait que deux semaines depuis Loi sur les marchés numériques (DMA dans son acronyme en anglais), qui régule les grandes plateformes numériques, et la Commission européenne a déjà ouvert sa première enquête pour non-respect des règles par Alphabet (parent Google), Apple et Meta, trois des six grandes plateformes désignées comme « gardiens » d'Internet en septembre dernier. « Nous soupçonnons que les solutions proposées par les trois sociétés ne sont pas totalement conformes à la DCE », a annoncé le vice-président de la Commission européenne lors d'une conférence de presse. Margrethe Vestager.

« Nous discutons depuis des mois pour les aider à s'adapter et nous constatons que des changements se produisent sur le marché. Mais nous ne sommes pas convaincus que les solutions d'Alphabet, Apple et Meta respectent leurs obligations en faveur d'un espace numérique plus juste et plus ouvert pour les citoyens et les entreprises européens », a ajouté le commissaire au Marché intérieur. Thierry Breton, qui prévient que l'affaire pourrait aboutir à de « lourdes amendes » si les entreprises ne respectent pas le DMA, qui prévoit des amendes pouvant aller jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires annuel mondial et 20 % en cas de violations répétées. En outre, en cas d'infractions systématiques, la Commission peut également adopter des mesures correctives supplémentaires, par exemple obliger un « contrôleur » à vendre une entreprise ou une partie de celle-ci, ou lui interdire d'acquérir des services supplémentaires liés à la non-conformité systémique.

Les problèmes identifiés par Bruxelles concernent les règles de Alphabet concernant l'adressage dans Google Play et l'auto-préférence dans la recherche Google, le moteur de recherche Google, les règles de Manzana concernant l'adressage dans l'App Store et l'écran de choix de Safari ainsi que le « modèle de paiement ou de consentement » de But. Après avoir examiné les rapports de conformité envoyés par les « gatekeepers » le 7 mars, Bruxelles a décidé d'ouvrir cinq enquêtes de non-conformité qui démontrent que « nous prenons la DCE très au sérieux ». n'atteignent pas leurs objectifs et ne répondent pas aux attentes », a expliqué Vestager, qui a confirmé l'intention de l'exécutif de conclure la procédure dans un délai raisonnable. période de 12 mois.

L'affaire Alphabet

Dans le cas d'Alphabet, le Community Executive estime que le géant américain ne respecte pas son obligation de permettre aux développeurs d'applications d'offrir aux utilisateurs finaux de meilleures conditions en dehors de Google Play sans imposer de surtaxes. En outre, il craint également d'accorder un traitement préférentiel aux services de recherche de Google tels que Google Shopping, Google Flights et Google Hotels par rapport aux services similaires de concurrents.

« La Commission craint que les mesures mises en œuvre par Alphabet pour se conformer au DMA ne puissent garantir que les services tiers apparaissant sur la page de résultats de recherche de Google soient traités de manière équitable et non discriminatoire par rapport aux propres services d'Alphabet », indique la Commission.

Des doutes sur Apple

Quant à Apple, les craintes de Bruxelles concernent d'éventuelles restrictions pour permettre aux utilisateurs finaux de désinstaller facilement n'importe quelle application logicielle dans le programme d'exploitation iOS, de modifier facilement les paramètres par défaut dans iOS et d'offrir aux utilisateurs des écrans de choix qui devraient leur permettre de sélectionner efficacement et facilement une alternative par défaut. service, comme un navigateur ou un moteur de recherche sur leur iPhone.

« La Commission craint que les mesures d'Apple, y compris la conception de l'écran de choix du navigateur Web, n'empêchent les utilisateurs d'exercer réellement leur choix de services au sein de l'écosystème Apple », explique la Commission qui, outre la conception, dénonce d'éventuelles limitations de l'offre. de meilleurs prix et communiquer avec les utilisateurs.

Modèle d'objectif

Enfin, concernant Meta, les doutes de Bruxelles concernent le modèle « payer ou consentir » récemment introduit pour les utilisateurs de l'UE, qui oblige les contrôleurs d'accès à obtenir le consentement des utilisateurs lorsqu'ils ont l'intention de combiner ou d'utiliser de manière croisée vos données personnelles sur différents services de base de la plateforme. Selon la Commission, cette option binaire imposée par le modèle « payer ou consentir » pourrait ne pas offrir de véritable alternative dans le cas où les utilisateurs ne donneraient pas leur consentement, ce qui ne permettrait pas d'atteindre l'objectif d'empêcher l'accumulation de données personnelles par une partie de les gardiens.

Outre ces trois enquêtes, la Commission a également lancé deux autres procédures de sanctions contre Amazon et Apple. Face à Amazon, la multinationale pourrait accorder un traitement préférentiel aux produits de sa propre marque dans l'Amazon Store, en violation du DMA. Dans le cas d'Apple, la violation possible concerne la nouvelle structure tarifaire d'Apple et d'autres conditions générales pour les magasins d'applications alternatifs et la distribution d'applications à partir du Web (sideloading).

Conservation des documents

La Commission a également indiqué avoir adopté cinq ordonnances de conservation adressées à Alphabet, Amazon, Apple, Meta et Microsoft, leur demandant de conserver des documents pouvant être utilisés pour évaluer leur respect des obligations de la DCE, afin de préserver les preuves disponibles et de garantir mise en œuvre efficace. Enfin, la Commission a accordé à Meta une prolongation de 6 mois pour se conformer à l'obligation d'interopérabilité de Facebook Messenger.