Un demi-million de personnes résidant en Espagne en situation administrative irrégulière font la queue ces jours-ci pour bénéficier de la régularisation approuvée par le gouvernement pour obtenir un permis de séjour et de travail, une affiliation à la sécurité sociale et une carte de santé. La mesure, qui peut être demandée par tous les immigrés présents dans le pays depuis au moins cinq mois avant le 1er janvier 2026, a soulevé de la poussière politique et a servi de prétexte à PP et Vox pour inclure dans leur pacte gouvernemental d’Estrémadure établissant le critère de « priorité nationale » dans l’aide aux immigrés.
Dans ce contexte, une « enquête flash » réalisée par le Cabinet d’études sociales et d’opinion publique (GESOP) du 17 au 20 avril, coïncidant avec les premiers jours du délai pour demander la régularisation, conclut que les Espagnols sont très divisés sur l’initiative du gouvernement car, d’une part, ils considèrent que la mesure est nécessaire et aura un impact positif sur l’économie, mais, en même temps, ils craignent qu’elle provoque un « effet d’appel » qui amènera l’Espagne à davantage d’immigrés. en situation irrégulière.
Concrètement, 51,9% des Espagnols sont d’accord avec la régularisation contre 48,1% qui y sont opposés. Un fait frappant est la différence de perception entre les hommes et les femmes : la majorité d’entre eux rejettent l’initiative (54,1% contre et 45,9% pour) et la majorité d’entre eux la soutiennent (57,2% pour et 42,8% contre). Par âge, le seul groupe opposé à la mesure est celui des 45 à 59 ans, dont 56,1% s’y opposent, et le plus favorable est celui des 30 à 44 ans, dont 58,1% y sont favorables.
Et par électorat, il y a peu de surprises : les électeurs du PSOE et de Sumar soutiennent largement la régularisation, même si un électeur socialiste sur quatre la rejette (26,2 %), et les électeurs du PP et de Vox s’y opposent, même si un électeur populaire sur quatre applaudit également la mesure (24,3 %). Une division similaire se reflète lorsqu’on demande si la régularisation est nécessaire : 56,8% des Espagnols estiment que c’est pratique et 43,2% pensent le contraire. Là encore, le soutien est plus important chez les femmes que chez les hommes (10 points de plus) et parmi les électeurs de gauche.
L’enquête reflète un très haut degré de connaissance des citoyens sur la procédure ouverte, puisque 95,4% déclarent avoir entendu parler de régularisation. Et quant au fait que le gouvernement facilite les procédures pour les simpapeles, parmi lesquelles l’obtention du controversé certificat d’antécédents, 58,5% des Espagnols y sont favorables (dont un électeur du PP sur trois), contre 41,5% qui y sont opposés (dont deux électeurs sur 10 du PSOE et de Sumar). Cette question montre également un plus grand soutien des femmes (63,6 %) que celui des hommes (52,7 %), et des pourcentages supérieurs à 60 % parmi les citoyens âgés de 30 à 44 ans et de 60 ans et plus.
La principale inquiétude suscitée par la régularisation est la crainte d’un « effet d’appel » : sept Espagnols sur dix estiment que l’initiative peut favoriser l’arrivée d’un plus grand nombre de migrants en situation irrégulière (70 %), tandis que trois sur dix n’ont pas cette crainte (30 %). A cette occasion, la peur est partagée chez les deux sexes et dans toutes les tranches d’âge, bien que beaucoup plus prononcée chez les plus jeunes, de 18 à 29 ans (80 %). Même la majorité des électeurs du PSOE soupçonnent qu’il y aura un « effet d’appel » (53,3 %), une idée qui rejoint également 46 % de l’électorat de Sumar.
Le contrepoint, selon les Espagnols, est le bénéfice que la régularisation aura sur l’économie, même si là encore il existe une certaine division d’opinions sur la question. 56,3% des citoyens estiment que cela peut avoir des effets économiques positifs, tandis que 43,7% se montrent plus pessimistes à cet égard. Les femmes (60,5%) y voient plus d’avantages que les hommes (51,9%) et les âges les plus méfiants sont les plus jeunes (54%) et ceux entre 45 et 59 ans (50,3%), bien que dans les deux cas il y ait une majorité qui considère que la mesure sera bonne pour l’économie. Trois électeurs du PP sur dix le pensent également, tandis que deux électeurs du PSOE sur dix ne voient pas un tel avantage.
Enfin, le GESOP a interrogé le peuple espagnol sur la gestion de la régularisation par le gouvernement et sur les positions du PP et de Vox. Aucun d’entre eux ne s’en sort bien, car la moitié des personnes interrogées les suspendent tous. Dans le cas de l’Exécutif, 51,9% considèrent que sa gestion est mauvaise ou très mauvaise, 34% la considèrent bonne ou très bonne et 13,2% répondent « ni bonne ni mauvaise ».
Le degré de suspense grimpe à 56,7% lorsqu’on interroge sur la position du PP et, en revanche, le pourcentage de censure chute à 50,7% lorsqu’on évalue la position de Vox. Seuls 15,1% des Espagnols approuvent les populaires car un sur quatre (25%) évite de prendre position pour ou contre eux. Le taux d’approbation des ultras est de 30,5 %, très proche du pourcentage du gouvernement, tandis que celui des « neutres » reste à 15,2 %.
Fiche technique de l’enquête
-Entreprise responsable : GESOP.
-Technique de recherche : Entretiens en ligne (CAWI).
-Champ d’étude : Espagne.
-Population cible : Adultes ayant le droit de vote.
-Nombre d’entretiens : 503 entretiens.
-Type d’échantillonnage : Proportionnel selon la taille de la communauté autonome et de la commune. Quotas franchis par sexe et par âge suivant la répartition réelle de la population étudiée.
-Marge d’erreur : ± 3,5% sous l’hypothèse de plus dans des univers infinis, d’une indétermination statistique maximale (p=q=0,5) et d’un niveau de confiance de 95,0%.
-Travaux de terrain : Du 17 au 20 avril 2026.
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