La bataille mondiale pour l’intelligence artificielle ne se décide pas seulement dans la Silicon Valley. L’Europe gagne du terrain dans l’un des domaines les plus rentables du nouveau cycle technologique : le développement d’applications qui transforment l’IA en véritables produits pour les entreprises et les consommateurs.
C’est la principale conclusion d’un récent rapport de la banque d’investissement américaine Goldman Sachs, qui affirme que l’écosystème technologique européen est particulièrement bien positionné dans ce que l’on appelle couche d’application de l’IA.
La nuance est la clé. Alors que les États-Unis et la Chine concentrent une grande partie de leurs investissements sur de grands modèles fondamentaux (les infrastructures les plus coûteuses et les plus complexes), de nombreuses entreprises européennes se concentrent sur la création de solutions commerciales utilisant ces modèles pour résoudre des problèmes spécifiques. Autrement dit, moins de laboratoire et plus de produit.
On pourrait dire que les entreprises technologiques européennes sont à la pointe du développement d’applications d’intelligence artificielle.
Selon l’analyse, cette spécialisation permet à l’Europe de capter de la valeur dans des secteurs où la rapidité d’exécution et les connaissances industrielles l’emportent sur l’échelle de calcul.
Startups, capital d’amorçage et encore plus de licornes
Le rapport souligne que le dynamisme entrepreneurial est l’un des moteurs de cet avantage concurrentiel. Les fondateurs européens et les fonds de démarrage font preuve d’une capacité croissante à repérer les opportunités et à faire évoluer les projets liés à l’IA.
Le résultat est visible dans les notes. Depuis 2016, le nombre de startups européennes ayant obtenu le statut de licorne – entreprises évaluées à plus d’un milliard de dollars – a plus que triplé, atteignant plus de quatre cents.
À cela s’ajoutent les nouvelles incorporations enregistrées au cours de l’année 2025 et des premiers mois de 2026, signe que le flux de capitaux vers l’innovation numérique reste actif malgré la volatilité macroéconomique.
L’IA, plus d’opportunité que de menace
Un autre point pertinent du document présenté par Goldman Sachs est le changement de perception dans le secteur de la santé. logiciel. Loin de voir l’intelligence artificielle comme un risque concurrentiel, les responsables du secteur la considèrent comme un catalyseur de croissance et un moyen d’augmenter la productivité et les marges.
Cette vision stimule les investissements dans l’intégration technologique, l’automatisation des processus et le développement de nouveaux services basés sur les données.
La banque d’investissement souligne également dans son analyse la montée en puissance de secteurs verticaux émergents tels que les technologies de défense (DéfTech), où des startups européennes lèvent des fonds pour développer des solutions avancées en matière de cybersécurité, de systèmes autonomes et de renseignement appliqués au domaine militaire.
Plus de temps privé, plus d’achats touristiques
Au niveau des entreprises, Goldman Sachs observe une préférence croissante des entreprises technologiques européennes à rester plus longtemps sur les marchés privés, retardant ainsi leur introduction en bourse.
Cependant, il s’attend à une augmentation des fusions et acquisitions basées sur l’IA, alors que les grandes entreprises cherchent à intégrer rapidement les talents, la propriété intellectuelle et les capacités numériques.
Le message final de l’analyse est clair : l’Europe n’est pas leader en matière d’infrastructure d’IA, mais elle sait comment en faire une entreprise. Et dans l’économie numérique, cette différence peut être décisive.