La guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran est déjà entrée dans sa quatrième semaine. Le conflit, qui a enflammé le Moyen-Orient, a conduit Téhéran à couper l’accès à Internet, une intensification de sa censure numérique déjà habituelle avec laquelle il cherche à étouffer d’éventuelles protestations citoyennes contre le régime des ayatollahs à moitié capitulés.
Ce lundi marque 24 jours de panne du réseau, un blocage forcé qui dépasse 552 heures et qui « est parmi les plus graves enregistrés dans tous les pays », rapporte l’observatoire mondial de la connectivité NetBlocks.
Déconnecter les citoyens d’un pays sert à les isoler du monde extérieur, à leur refuser l’accès à des informations alternatives au discours officiel et ainsi à empêcher leur éventuelle organisation. Aussi pour empêcher les interférences de leurs ennemis.
Tout cela fait que couper l’accès à Internet est une pratique courante en Iran. Depuis 2015, le pays perse a eu recours à cette méthode à 64 reprises, selon un décompte réalisé par Surfshark et Internet Shutdown Tracker de NetBlocks. Au cours de cette période, le gouvernement iranien a été confronté à trois élections et à 46 manifestations. Les plateformes numériques telles que Facebook, X (anciennement Twitter), Instagram, YouTube, Telegram et WhatsApp sont interdites, certaines depuis 2009.
Autres pays
L’Iran est l’un des nombreux pays qui recourent fréquemment au blocage d’Internet. Certains, comme la Chine, Oman ou le Turkménistan, appliquent ces restrictions depuis plus de 15 ans. En 2025, 81 nouvelles restrictions ont été imposées dans 21 pays, la grande majorité en Asie et en Afrique.
Aucun pays n’a été aussi prolifique en matière de réduction du trafic réseau que l’Inde, qui a appliqué jusqu’à 24 coupures d’électricité sélectives, dont beaucoup étaient liées à des troubles politiques et à des manifestations dans des régions comme le Cachemire et le Manipur, mais aussi à des tensions avec son voisin le Pakistan.
Selon une autre étude du cabinet Surfshark, elle est suivie par d’autres comme l’Irak, l’Afghanistan, le Cameroun, la Tanzanie, le Kenya, la Turquie, le Congo, la Guinée, le Soudan, le Népal, le Panama et le Venezuela.
Bien qu’ils ne figurent pas sur la liste des nouvelles réductions réalisées en 2025, d’autres pays comme la Russie, le Venezuela, le Myanmar ou la Biélorussie ont appliqué différents types de blocages d’Internet pour paralyser les mouvements d’opposition et continuer à se maintenir au pouvoir.