La deuxième présidence de Donald Trump contraint l’Europe à se confronter à une vérité inconfortable : les États-Unis pourraient lui couper l’accès à Internet.
Depuis l’imposition de droits de douane sur la guerre déclenchée contre l’Iran, l’administration Trump a tellement tendu la corde géopolitique que de plus en plus de pays de l’Union européenne recherchent des formules pour réduire presque totalement leur dépendance technologique.
Cette vulnérabilité est particulièrement visible dans le cloud computing, l’infrastructure qui supporte le réseau et, avec elle, dans la série que vous voyez ci-dessous. streaming même les communications gouvernementales confidentielles. Plus de 74% des sociétés européennes cotées dépendent des services de géants comme Google, Microsoft ou Amazon, prévient un récent rapport du cabinet suisse Proton, référence mondiale en matière de confidentialité.
Le marché actuel de nuage – qui a rapporté en 2025 plus de 400 milliards de dollars – est contrôlée par trois colosses de la Silicon Valley, haut lieu de la puissante industrie technologique américaine. Amazon Web Services (AWS) est en tête avec 28 %, suivi de Microsoft Azure (21 %) et Google Cloud (14 %). Les entreprises sont loin derrière fabriqué en Amérique ou depuis la Chine comme Alibaba, Oracle, Salesforce, Huawei ou IBM.
En 2020 déjà, à la fin de la première présidence de Trump, l’UE avait choisi de développer un cloud européen pour « renforcer la souveraineté numérique » contre la domination américaine. Depuis, des pays comme l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne ont choisi de financer la construction d’alternatives nationales. Parmi ceux-ci, se distinguent le français Scaleway, le suisse Exoscale ou l’allemand Stackit. Cette dernière, propriété de la société mère de Lidl, est née pour servir les supermarchés et a fini par développer son activité, un chemin similaire à celui suivi par AWS pour devenir le leader incontesté du secteur.
Un cloud « souverain » ?
Les fournisseurs américains ont pris note du sentiment européen et ont rapidement réagi pour maintenir leur activité. Amazon, Microsoft et Google ont récemment déployé leur « cloud souverain » dans l’UE. Il s’agit de déployer ses centres de données et d’innovation sur le territoire européen, d’adapter ses services au cadre juridique communautaire – comme le Règlement général sur la protection des données – et de promettre une gestion indépendante, sécurisée et contrôlée des informations qui circulent via ses serveurs.
Avec cette stratégie, la Silicon Valley tente de calmer les esprits des gouvernements et des entreprises qui craignent que leurs données sensibles ne finissent à Washington. Et ils y parviennent en partie. L’association professionnelle Cloud Infrastructure Service Providers in Europe (CISPE), composée de fournisseurs du bloc, a accusé la Commission européenne de favoriser les géants américains.
Vue de la « région cloud » de Microsoft en Aragon. /Microsoft
L’industrie assure que ses centres européens ne seront pas affectés par la Loi sur le cloudla loi qui permet aux autorités américaines d’accéder aux données stockées dans le cloud. Cependant, ces promesses de confidentialité sont mises en quarantaine. Interrogé par le Sénat français, un haut dirigeant de Microsoft a avoué l’an dernier qu’il « ne peut pas garantir » la souveraineté des données à ses clients si l’administration Trump exige leur accès (à condition que la demande soit « fondée »).
L’Europe bouge
La stratégie européenne est devenue une nécessité urgente après les menaces constantes de Trump. La crainte que le Républicain exploite cette dépendance technologique pour imposer sa volonté, s’ajoute à l’harmonie du Grande technologie— influence déjà les décisions en matière de marchés publics. Selon les données de Gartner, les dépenses consacrées aux technologies de l’information en Europe augmenteront de 11 % en 2026, pour atteindre 1 400 milliards de dollars. Une grande partie de cette somme sera consacrée aux options de « cloud souverain ».
Selon Gartner, les investissements européens dans le cloud monteront en flèche de 236 % jusqu’en 2027 et dépasseront ceux de l’Amérique du Nord.
Une autre étude du cabinet de conseil prédit que l’investissement du Vieux Continent dans cette infrastructure numérique montera en flèche de 236 % jusqu’en 2027, année où il dépassera celui de l’Amérique du Nord. Aucun cas n’illustre mieux cette tendance que celui d’Airbus. Le géant européen de l’aérospatiale a lancé un appel d’offres de 50 millions d’euros pour migrer ses applications critiques vers un « cloud européen souverain ».