« Merde », « connard », « retardé mental » ou « exploiteur ». Ces expressions sont celles qu’une employée d’Ikea a diffusée via son compte Facebook, faisant référence à l’entreprise et à ses patrons et qui lui ont valu son licenciement.
Le Tribunal Supérieur de Justice de Madrid (TSJM) donne désormais raison à la multinationale suédoise après avoir fait appel d’un jugement de première instance qui a confirmé la demande de licenciement de la travailleuse avec violation du droit fondamental à la liberté d’expression et a ordonné l’annulation du licenciement et le paiement de 15 000 euros d’indemnisation.
Le jugement, rapporté par EFE, indique que le contenu des vidéos publiées et les expressions utilisées « avec le contexte dans lequel elles se produisent », font « la preuve de violations du travail qui justifient le licenciement », en diffusant « des expressions scandaleuses ou offensantes et impertinentes ».
Ils soutiennent que ce comportement représente « un manquement grave et fautif à leurs obligations » en tant que salarié, et le licenciement a été pleinement réfléchi car leur attitude n’est pas justifiée par la liberté d’expression, qui – rappelons-le – « n’est pas absolue et a des limites dans le respect de la dignité et de l’honneur d’autrui ».
Les faits
Comme indiqué dans la sentence, l’employée a travaillé chez Ikea de 1996 jusqu’à son licenciement en juin 2024 après avoir publié plusieurs vidéos sur Facebook dans lesquelles elle critiquait le fait qu’elle devait travailler le week-end, en faisant des déclarations telles que « une exploitation totale, mais l’une des meilleures entreprises d’Espagne pour laquelle travailler », et en soulignant que les patrons sont des « exploiteurs » et que l’entreprise est une « terre hostile ».
« Comment vais-je recommander de la merde, la merde n’est pas recommandée », a-t-il déclaré à propos des enquêtes de satisfaction dans une autre vidéo, tandis que dans d’autres publications, il affirmait que les travailleurs étaient des « esclaves ». Il a également insulté ses collègues et ses patrons avec des expressions telles que « arriéré mental » ou « connard ».
Pour toutes ces raisons, les juges du TSJM considèrent que, bien qu’il n’ait pas enregistré les vidéos sur son lieu et son temps de travail, il y faisait référence à sa situation de travail et utilisait « des expressions scandaleuses ou offensantes, impertinentes et inutiles au but recherché ».
Ainsi « il a remis en question la probité, l’éthique ou le prestige de l’entreprise, en déposant des plaintes publiques même auprès des clients pour qu’ils tiennent compte du fait que lorsqu’ils partent un dimanche, les travailleurs ne sont pas payés, qualifiant son entreprise de ‘terre hostile’ ou de ‘merde’ », ce à quoi il a ajouté qu’« il garde des esclaves à son service ».
Pour les magistrats, il existe « une intention notable de diffamer l’entreprise ou les collègues », et cette intention « préjudiciable » n’est pas protégée par le droit à la liberté d’expression, c’est pourquoi ils annulent le jugement initial.
Un recours contre cette décision peut être déposé devant la Cour suprême.