Les déplacements massifs provoqués par la guerre menée par Washington et Jérusalem contre Téhéran ont déjà commencé à se matérialiser. Et la Catalogne est devenue l’une des destinations les plus convoitées. En un peu moins de deux semaines de guerre dans la région, la plateforme de location moyenne et longue durée Spotahome a observé une augmentation de 50% des recherches de location depuis les pays du Moyen-Orient jusqu’au Vieux Continent. Barcelone s’est imposée comme la principale destination de location à court terme, avec une augmentation vertigineuse des demandes de 479 % en seulement deux jours, selon les données de la plateforme.
Le flux de trafic en provenance des pays du Moyen-Orient a doublé à un rythme à deux chiffres. L’augmentation du nombre d’utilisateurs a été particulièrement intense dans des pays comme l’Irak, qui a connu un boom de 1 000 % du nombre d’utilisateurs en seulement deux jours. Derrière se trouvent des pays comme l’Égypte (+145 %), l’Arabie saoudite (+126 %), Israël (+86 %) et le Liban (+86 %). La vague d’intérêt pour le marché immobilier se dirige principalement vers les grandes capitales européennes. Derrière Barcelone se trouvent des villes comme Rome (+143%) et Berlin (+83%), où les utilisateurs cherchent à préciser une date d’entrée avec une relative urgence : dans les deux prochaines semaines.
Eduardo Garbayo, PDG de Spotahome, estime que l’Europe est devenue un refuge pour les personnes déplacées par la guerre américano-israélienne contre l’Iran. « En ces temps de forte incertitude géopolitique, la recherche d’un logement sûr devient une nécessité prioritaire », a-t-il expliqué. « Le déclenchement du conflit il y a un peu plus d’une semaine a provoqué une réaction immédiate de la part des personnes cherchant un logement temporaire en dehors de la zone de tension et nous voyons l’Europe se positionner comme un « havre de sécurité ». »
Spotahome n’est pas la seule entreprise du secteur du tourisme à avoir mis en garde contre des changements soudains dans les habitudes de réservation après le déclenchement du conflit dans le golfe Persique. L’agence de voyages britannique On the Beach a expliqué que les réservations vers des destinations comme la Turquie, la Grèce, Chypre et l’Égypte étaient affectées par la montée des tensions en Méditerranée.
L’arrêt du trafic aérien dans des pays comme les Émirats arabes unis, le Qatar et l’Iran accélère la recherche d’alternatives résidentielles. Le ralentissement de la connectivité a également entraîné une baisse de la demande vers les destinations les plus touristiques de la région, comme la Jordanie, l’Égypte, le Liban ou encore la Turquie, concurrent direct de l’Espagne. D’un autre côté, l’augmentation du coût du carburant des avions découlant de la fermeture du détroit d’Ormuz a également des répercussions sur les routes de transport.
Par ailleurs, la guerre dans le Golfe Persique a déjà provoqué des déplacements : plus de 3,2 millions de personnes ont été temporairement déplacées en Iran, selon les estimations du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).