SÉCURITÉ SOCIALE | Exonéré d’une lourde dette pour « bonne foi » : la justice lui pardonne le non-paiement de 213 000 euros à la Sécurité sociale

Un habitant du Bages qui devait plus de 213 000 euros à la Sécurité sociale a été complètement libéré de sa dette grâce à une résolution pionnière qui crée un précédent dans l’application de la loi de la deuxième chance. L’homme a accumulé des défauts de paiement alors qu’il était administrateur officiel de la petite entreprise familiale, pour laquelle il a commencé à subir des saisies. En démontrant qu’il était un « débiteur de bonne foi », c’est-à-dire qu’il avait agi avec honnêteté, diligence et transparence dans ses obligations financières, la personne concernée a eu l’occasion de repartir à zéro et a retrouvé sa stabilité économique.

Le bénéficiaire de cette exonération est un particulier qui a commencé à accumuler une importante dette publique auprès de la Trésorerie Générale de la Sécurité Sociale (TGSS) alors qu’il était répertorié comme administrateur formel d’une petite entreprise familiale pendant ses études. Bien que, pour des raisons pratiques, il ne dirigeait pas l’entreprise, il a fini par assumer personnellement des dettes qui ont finalement dépassé 213 000 euros. En conséquence, il a subi des « embargos constants » pendant une période prolongée.

L’affaire, traitée par le cabinet d’avocats Lexia (Cabinet d’avocats Matamala & Roca y Marzà, à Manresa et Berga) et résolue par le tribunal de commerce n°1 de Barcelone, se distingue par son caractère pionnier et exceptionnel, puisqu’il s’agit de la première dans laquelle une dette publique supérieure à 200 000 euros est annulée. En outre, comme l’a invoqué l’avocat de la personne concernée, le droit de l’Union européenne et la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) ont été directement appliqués, ce qui a « rompu avec la rigidité de la réglementation espagnole », plus restrictive en termes de seuil d’argent établi.

En ce sens, l’article 489.5 du TRLC établit que les limites quantitatives relatives à l’exonération du crédit public sont de 10 000 euros auprès de la Sécurité Sociale et de 10 000 euros de plus auprès du Trésor. Dans le cas présent, cependant, le tribunal a directement appliqué le droit européen, qui garantit l’exonération complète et effective de ceux qui sont des « débiteurs de bonne foi », c’est-à-dire qui, bien que temporairement incapables de faire face à leurs obligations financières, ont maintenu une conduite honnête, transparente et diligente devant la sécurité sociale et l’autorité judiciaire.

Jordi Matamala, PDG de Lexia et avocat responsable du département commercial et faillites du cabinet, souligne que « cette lecture rigide peut empêcher une véritable seconde chance pour les débiteurs de bonne foi et condamner injustement les personnes vulnérables à une pauvreté perpétuelle, ce que précisément le mécanisme de la loi de la deuxième chance vise à éviter ».

Dans le domaine juridique, cette affaire revêt une importance particulière, car « elle ouvre la voie à des milliers de petits entrepreneurs et de travailleurs indépendants qui, coincés dans les dettes de la Sécurité sociale ou du Trésor, pourront accéder à une véritable seconde chance ». En ce sens, l’avocate spécialisée en LSO Patrícia Martos affirme qu’il est « essentiel d’apporter une réelle cohérence au système de la deuxième chance et de garantir qu’il remplisse de bonne foi sa fonction de réinsertion économique et sociale des débiteurs ».

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