Isabel Faya, de Gérone, est aide-soignante depuis quinze ans. Après une carrière dans divers secteurs professionnels, elle décide de se consacrer à ce qui la comble vraiment. «Je l’ai décidé par vocation, par empathie et par engagement. La vérité est que tout le monde ne comprend pas la responsabilité que cela implique », explique Faya.
Au cours des dernières années, Faya a travaillé comme aide-soignante aussi bien dans des maisons de retraite que dans des foyers, mais toujours en se concentrant sur les personnes âgées qui traversaient des situations vulnérables, notamment celles en phase finale de vie, atteintes de maladies comme Alzheimer, Parkinson ou en phase terminale.
C’est un groupe pour lequel il a développé un profond sentiment de soutien et de dévouement. « Prendre soin ne signifie pas garer les personnes âgées car c’est ennuyeux, cela implique beaucoup de choses et la vérité est que c’est un apprentissage continu. »
Malgré tout, Faya a vécu elle-même les difficultés de son métier en raison de la précarité qu’il présente. Elle ajoute que la faute n’en revient ni aux entreprises ni aux soignants, mais elle dénonce plutôt la passivité des institutions face à « l’exploitation des soignants », avec de nombreux contrats noirs et le manque de reconnaissance sociale.
Il prévient que sans contrôle et réglementation efficaces de la part du gouvernement, les exploitations continueront. Défendre la dignité des soignants est, selon elle, une responsabilité de la société toute entière : « Il y a un manque d’empathie et de respect, et surtout, de dignifier au maximum le travail des soignants. »
Actuellement, Isabel Faya est en arrêt maladie en raison d’une inflammation des articulations, ce qui l’inquiète car elle ne peut pas travailler. « J’ai 68 ans et je ne peux pas prendre ma retraite, il me reste quelques années de cotisations car pendant un temps j’ai dû travailler noir dans ce secteur pour survivre. » Leur situation met en évidence un problème structurel d’un groupe largement féminisé qui se retrouve dans une situation vulnérable au seuil de la retraite.
Surcharge de tâches
Outre les conditions de travail, Faya dénonce la surcharge de tâches qui dépassent son métier, comme s’occuper du ménage, de la cuisine, des courses et d’autres tâches domestiques, sans être reconnue ni payée correctement. « Parfois, il faut s’occuper des deux membres d’un mariage à charge pour le même salaire », dénonce-t-il.
Pour elle, l’un des défis est aussi le manque d’espaces où les soignants peuvent partager expériences et soutien. « Vous travaillez de longues heures et ma question est : qui écoute l’aide-soignant ? » des regrets. D’autre part, cela demande également une formation plus spécifique et qu’elle soit une condition essentielle à la reconnaissance professionnelle.
La vocation de Faya perdure malgré les difficultés. « L’acte d’amour le plus important qu’un être humain puisse accomplir est d’en accompagner un autre dans son dernier voyage », dit-il. Cette conscience de la valeur de son travail lui permet de perdurer et de continuer à aider ceux qui ont besoin de soutien.
Sa motivation n’est pas seulement professionnelle, mais aussi humaine : donner aux personnes qui lui sont chères le respect et les soins qu’elle s’attend à recevoir. « Nous finirons tous par atteindre la fin de la vie et, d’une manière ou d’une autre, nous aurons besoin d’aide », dit-il avec force.
Enfin, elle estime qu’une révolution est nécessaire dans le secteur des soins et insiste sur le fait qu’il est temps d’agir : « Nous savons depuis longtemps quelle est la situation des soignants, mais il est également vrai qu’ils seront de plus en plus nécessaires en raison du vieillissement de la population. » C’est pourquoi il lance cet appel au gouvernement et à la société pour qu’ils en prennent conscience.
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