Juan Leo, retraité après 45 ans de cotisation : « J’ai une pension de 1 600 euros, il y a des jeunes qui gagnent plus que moi »

Les baby-boomers sont la génération née pendant la période de forte augmentation des taux de natalité (le « baby-boom ») qui a suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale, généralement entre les années 1946 et 1964. Cette génération a eu une influence significative sur la culture, l’économie et la politique mondiales.

L’un d’eux est Juan Leo, retraité, qui a expliqué dans un talk-show télévisé qu’il connaissait à peine le terme « baby-boomer » jusqu’à récemment. « Je suis né à la fin des années cinquante. J’ai travaillé pendant 45 ans et j’ai cotisé pendant tout ce temps pour pouvoir toucher ma pension », a-t-il déclaré. Avec une certaine frustration, il ajoute : « Après presque un demi-siècle de travail, il me reste 1.600 euros à la retraite, et il y a des jeunes qui gagnent plus que moi », dit-il avec résignation.

Leo a insisté sur le fait que sa génération devait travailler sans relâche pour accéder à un logement ou acheter une voiture, et a critiqué le manque de sacrifice qu’il percevait chez les jeunes d’aujourd’hui. « Ils veulent un bon salaire, moins de travail et pas d’heures supplémentaires », a-t-il déclaré. « Et maintenant, ils veulent baisser nos retraites, pourquoi ? Pour qu’ils puissent gagner plus ? Ce n’est pas ma faute si la technologie a supprimé autant d’emplois. »

Paloma Martín, porte-parole du collectif Lideremos, a répondu avec fermeté : « Personne ne dit que c’est leur faute, mais ils peuvent aider en changeant l’idée selon laquelle les jeunes sont paresseux ou ne veulent pas faire d’efforts ». Ses propos reflètent le contraste entre deux générations qui ont vécu des réalités très différentes.

Le problème auquel sont confrontés les jeunes

Alors que les baby-boomers bénéficiaient de la stabilité et du plein emploi, les jeunes d’aujourd’hui sont confrontés à un panorama de précarité. Selon le Conseil espagnol de la jeunesse, les personnes âgées de 15 à 29 ans représentent 16 % de la population, soit environ 7,5 millions, mais elles vivent dans une situation marquée par l’incertitude et une crise de santé mentale sans précédent. Près de six personnes sur dix ont souffert de problèmes psychologiques au cours de la dernière année et une sur deux admet avoir eu des pensées suicidaires à un moment donné.

Le rapport Equilibristas du Conseil rappelle que, même si la réforme du travail de 2022 a réduit le travail temporaire, le marché du travail reste hostile aux jeunes. Le taux de chômage des jeunes reste autour de 25 %, bien au-dessus de la moyenne nationale. Ils sont par ailleurs la seule tranche d’âge dont le salaire moyen n’a pas augmenté depuis 2008 : environ 1 100 euros par mois, un chiffre insuffisant par rapport au prix du loyer, qui dépasse les 1 000 euros en moyenne.

Les conséquences sont claires : seuls 15 % des jeunes peuvent s’émanciper, le chiffre le plus bas depuis 2006. Parmi eux, près de neuf sur dix partagent un logement, et plus de la moitié déclarent avoir des difficultés à joindre les deux bouts. Une génération qui peine à se frayer un chemin dans un pays où le passé prospère contraste avec un présent de plus en plus exigeant et inégalitaire.