Le géant chinois BYD étudie l’ouverture d’une usine de voitures électriques en Catalogne

Le géant BYD, le plus grand producteur de véhicules chinois et l’un des trois plus gros producteurs de véhicules au monde en termes de volume de ventes, étudie l’ouverture d’une usine en Catalogne. Comme l’a appris EL PERIÓDICO, des dirigeants et des techniciens de l’entreprise ont effectué ces derniers mois plusieurs visites sur les terres catalanes à la recherche d’un emplacement idéal pour installer une usine qui complète les sites de production que la marque possède déjà en Hongrie et constitue un point de référence pour le groupe en Europe occidentale.

Les représentants de BYD ont étudié les emplacements disponibles en Catalogne et dans la province de Tarragone, à proximité du port et dont la superficie est d’environ 100 hectares, et ont déjà trouvé des terrains potentiellement adaptés à leurs besoins. Ceux-ci passeraient d’abord par une usine plus petite et complémentaire aux productions qui régiraient la Hongrie, puis, si le marché est réceptif au produit, s’étendraient, comme ce média a pu contraster avec différentes sources familières avec le secteur automobile. BYD, interrogé par ce média, a refusé de faire des déclarations à ce sujet et ne confirme ni ne nie cet intérêt.

Catalunya est l’une des options proposées par le constructeur, mais pas la seule. En avril 2024, a été officialisé le débarquement d’un autre géant chinois en Catalogne, Chery, qui s’enracine dans la zone de libre-échange de Barcelone et y établit sa tête de pont pour atterrir en Europe. La confirmation de cette opération, qui a fait de Chery la première marque chinoise à ouvrir une usine en Europe occidentale, a suscité l’intérêt d’autres de ses concurrents, qui soupçonnaient depuis longtemps de s’implanter sur des marchés stratégiques comme l’Espagne.

Ce n’est pas pour rien que l’écosystème automobile y est historiquement fort, l’Espagne étant le deuxième constructeur automobile de toute l’Europe et un marché, au niveau des consommateurs, avec une longue histoire. BYD a vendu et enregistré un total de 16 608 unités cette année jusqu’en septembre en Espagne et est dans une phase d’expansion, avec une augmentation des ventes d’une année sur l’autre de près de 570 %, selon les données de la marque elle-même. À l’échelle mondiale, BYD a vendu un total de 4,27 millions de véhicules en 2024, dépassant tous les autres constructeurs chinois et, dans le segment purement électrique (BEV), rivalisant directement avec Tesla pour le leadership mondial.

La Chine regarde vers la Catalogne

Comme Chery, qui a également visité des terres en Italie et en Hongrie, BYD ne met pas ses œufs dans le même panier et explore différents endroits pour trouver les meilleures terres et pouvoir négocier des incitations avec les autorités locales. Selon diverses sources connaissant les tenants et les aboutissants du secteur automobile catalan, la Catalogne est en concurrence avec d’autres sites, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Espagne.

Au niveau européen, deux candidats forts sont la Hongrie elle-même et la Turquie, selon l’agence Reuters. Dans le premier, BYD possède déjà une usine, partiellement en construction, dans la ville de Szeged, ainsi qu’une usine de bus électriques à Komárom. Cette option est favorisée par la complicité des autorités locales, généreuses en matière d’aide, même malgré les limites imposées sur cet aspect par le cadre commun de l’UE. En faveur de la Turquie, précisément, le fait qu’elle ne soit pas contrainte par ce cadre européen et que le prix du travail soit plus bas joue un rôle.

Et outre les concurrents internationaux, la Catalogne devra également jouer ses cartes avec d’autres autonomies espagnoles. Les Asturies en font partie. Déjà en 2023, une délégation a visité les terrains de ZALIA – une macro-zone logistique près de Gijón – pour voir s’ils étaient adaptés à leur projet, selon ‘La Nueva España’, un média appartenant à Prensa Ibérica. La proximité d’un puissant port de commerce lui donne des points. Bien que ce ne soit pas le seul endroit, comme l’a appris EL PERIÓDICO, où BYD envisage des options en Espagne.

Parmi les atouts que la Catalogne peut mettre en avant, il y a sa bonne connexion maritime, sa proximité également avec les pôles logistiques de l’Europe et d’Aragon, où l’entreprise chinoise CATL, en alliance avec le constructeur européen Stellantis, construit déjà une usine de batteries électriques à Figueruelas (Saragosse), pour laquelle elle investira 4,1 milliards d’euros et dont les premières productions sont attendues d’ici la fin de 2026. La proximité d’un tel La ressource élémentaire pour la fabrication et l’assemblage de voitures électriques joue en faveur des options catalanes.

L’intérêt de BYD à s’implanter en Catalogne n’est pas nouveau et s’inscrit dans la stratégie menée par la Generalitat pour attirer de puissants investissements étrangers provenant de secteurs d’avenir, comme la voiture électrique. Le ministère du Commerce, interrogé par ce média s’il travaillait déjà sur un plan d’incitation pour l’atterrissage de BYD, a refusé de faire toute déclaration et a rappelé qu’il travaille toujours, dans toute opération, avec « un maximum de discrétion et de secret ».

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