La revente de billets est encore une fois un plat succulent pour les arnaqueurs. Si auparavant le principal risque était d’acquérir une entrée fausse ou en double, les criminels ont désormais trouvé une nouvelle façon de tromper leurs victimes : demander le paiement à l’aide d’un code qui permet de retirer de l’argent à un distributeur automatique, sans avoir besoin de carte.
La méthode est basée sur l’utilisation du service « Hal Cash », un outil légitime qui permet d’envoyer de l’argent à une autre personne afin qu’elle puisse le retirer en espèces à un distributeur automatique. Cependant, les escrocs l’utilisent pour obtenir de l’argent directement et disparaître sans laisser de trace.
Voici comment fonctionne l’arnaque du « code pour retirer de l’argent »
Les cas détectés partagent le même schéma : le vendeur présumé contacte la victime via les réseaux sociaux ou répond à des publications dans lesquelles les utilisateurs recherchent des billets épuisés pour des concerts ou des événements.
Une fois le contact établi, l’escroc envoie une photo de sa supposée pièce d’identité pour générer de la confiance et demande le paiement à l’aide d’un code Hal Cash. À votre tour, rejetez les méthodes plus sécurisées telles que PayPal ou Bizum, en invoquant des raisons personnelles ou techniques.
Après avoir reçu l’argent, l’escroc bloque la victime et disparaît, laissant les acheteurs sans ticket et sans possibilité de récupérer le montant.
Témoignages de victimes
Certains utilisateurs ont rapporté des expériences de ce type lorsqu’ils tentaient d’acheter des billets de concert via des publicités ou des messages sur les réseaux sociaux.
Dans plusieurs cas, les parties intéressées ont accepté un paiement, souvent via des systèmes de transfert d’argent aux guichets automatiques, mais après avoir effectué ce paiement, le vendeur présumé a cessé de répondre et a supprimé son profil.
À d’autres occasions, les escrocs ont contacté par message direct et, après avoir prétendu qu’il s’agissait d’une vente légitime, ont pris l’argent sans réellement livrer les billets promis.
Concerts de Bad Bunny
Quelque chose de similaire s’est produit avec les billets de Bad Bunny, le chanteur portoricain qui a déchaîné la folie avec ses concerts en Espagne et qui a déjà vendu plus de 600 000 billets pour sa tournée « J’aurais dû jeter plus de photos ».
Lorsque les billets ont été mis en vente, certains fans ont commencé à en acheter beaucoup plus que ce dont ils avaient besoin, pensant déjà à la revente et aux bénéfices que cela pourrait générer.
Instantanément, Ticketmaster est devenu le centre de la controverse, devenant l’un des rares canaux officiels de revente de billets.
Concepts fictifs
Le problème est que les utilisateurs qui revendaient leurs billets sur cette plateforme ont ajouté des concepts fictifs ou étranges pour gonfler le prix des billets bien au-dessus de leur valeur, avec des concepts aussi ambigus et absurdes que « don » ou « frais de gestion » de plus de 30 euros ou une charge « VIP » de 150 euros, ce qui fait que les billets qui coûtaient initialement 79,50 euros ont finalement atteint 269,30 euros.
L’Organisation des Consommateurs et Utilisateurs (OCU) a dénoncé la plateforme pour la facturation « irrégulière et abusive » de ces billets.
Selon l’OCU, lors de la prévente, de nombreux utilisateurs ont été confrontés à ces frais supplémentaires non remboursables.
Dépenses cachées jusqu’à la fin
L’organisation critique le fait que ces dépenses sont cachées jusqu’au dernier moment et qu’elles ne peuvent être récupérées en cas d’annulation ou de modification, ce qui viole les droits des consommateurs.
Ces irrégularités, ajoutées au phénomène de revente massive, ont généré un grand malaise parmi les adeptes de l’artiste et ont relancé le débat sur la transparence de la vente de billets en ligne.
En raison de cette situation, les personnes qui n’ont plus de billets ont été informées d’être très prudentes avant d’acheter un billet de revente, car les escrocs en profitent pour créer des sites Web frauduleux tels que Stubhub ou Viagogo, ainsi que de faux profils sur les réseaux sociaux.
L’utilisation du DNI comme outil de tromperie
Une pratique courante dans ce type de fraude consiste à envoyer des photographies d’un prétendu document d’identité. Selon les experts, cette technique vise à renforcer la confiance de l’acheteur, voire à usurper l’identité réelle de tiers.
Les spécialistes avertissent que vous ne devez jamais partager ni accepter de photographies DNI dans le cadre de transactions en ligne, car elles pourraient être utilisées pour commettre de nouveaux crimes ou arnaquer d’autres personnes.
Conseils pour éviter de tomber dans le piège
L’Institut National de Cybersécurité (Incibe) recommande de suivre une série de précautions pour éviter d’être victime de ce type de fraude :
- Achetez toujours dans des points de vente officiels ou sur des plateformes reconnues.
- Méfiez-vous des vendeurs qui communiquent uniquement par messagerie instantanée et rejettent les appels ou les appels vidéo.
- Évitez les méthodes de paiement qui ne permettent pas de réclamations, comme Hal Cash, les virements directs ou les codes ATM.
- Utilisez des services avec protection des acheteurs, tels que PayPal.
- Vérifiez l’identité du vendeur et recherchez les avis ou notes précédents.
Signaler et alerter les autres utilisateurs
Bien que la législation espagnole ne réglemente pas spécifiquement la revente numérique, les victimes peuvent et doivent signaler l’escroquerie aux autorités. Si un utilisateur est concerné par ces escroqueries, il peut se rendre sur le site INCIBE et signaler sa fraude.