Les infrastructures ferroviaires sont au cœur de toute société avancée, elles structurent le territoire et permettent la mobilité des citoyens. La marge d’amélioration dont dispose l’Espagne dans ce domaine est aussi grande que son réseau est en kilomètres. Les voies sur lesquelles circule le matériel roulant, ainsi que les espaces de service aux voyageurs et les halls des gares, ne sont plus à la hauteur du service moderne depuis des siècles.
L’État du tiers monde dans lequel se trouve Barcelone Sants en est un bon exemple. La deuxième gare la plus fréquentée d’Espagne est utilisée chaque année par près de 47 millions d’utilisateurs entre Rodalies, moyennes et longues distances et à grande vitesse. Ses travaux d’agrandissement, budgétisés à 410 millions d’euros, sont en retard, même si ni le ministère des Transports ni l’Adif, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire, n’ont fixé de dates sur le calendrier.
Il est vrai que ces travaux de modernisation et d’agrandissement à Sants ont été cruciaux, car l’installation ressemblait plus à un centre sportif délabré qu’à une installation ferroviaire de première classe. Cependant, les exécuter de manière aussi brutale et hostile constitue une punition pour les voyageurs, comme tout utilisateur peut le constater quotidiennement. La fermeture de 25 de ses 30 magasins transforme le hall de la gare en une salle fantôme, dans laquelle ni la pharmacie, ni la cafétéria principale, ni le magasin de dernière minute ne lèvent les stores. Comme l’explique très bien Gloria Ayuso, les derniers Mohicans sont une cafétéria minimaliste et un McDonald’s, qui ont transformé la bouteille d’eau en un bien éphémère et très luxueux.
Adif se défend et affirme que les entreprises ont choisi entre rompre leur contrat ou le suspendre temporairement jusqu’à ce qu’elles disposent d’un nouveau siège dans le Sants rénové. Même si tel est le cas, il aurait dû mieux planifier le service qu’il offre aux passagers déjà suffisamment stressés car leur train n’arrive presque jamais à l’heure. Seule une réaction opportune démontrera qu’Adif est le gestionnaire d’infrastructures dont le pays a besoin.
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