DÉPOPULATION PYRÉNÉES CATALOGNE | La Catalogne conçoit une stratégie pour garantir l’emploi, le logement et les services dans les Pyrénées et stopper le dépeuplement

Tout comme la loi de voisinage vise à récupérer les zones dégradées et à les revitaliser, le gouvernement de Salvador Illa s’est concentré sur les régions de montagne, un territoire qui représente près de 30 % de la superficie catalane, mais concentre à peine 4 % de la population. Pour arrêter la perte d’habitants, la Generalitat travaille sur une stratégie qui combine des lois et des projets spécifiques qui contribuent à faciliter la vie dans les Pyrénées.

L’axe de cette initiative est la future loi sur la haute montagne, qui remplacera la législation en vigueur depuis 1983. La norme cherche une formulation capable de répondre aux défis environnementaux, sociaux et économiques actuels et envisage la création d’une série d’actions clés dans différents domaines.

« Il faut proposer des emplois de qualité qui rendent attractif la résidence dans des villes qui ont perdu des habitants »

Bernat Claramunt

— Chercheur du CREAF

En parallèle, selon des sources du Département du Territoire, de l’Habitat et de la Transition écologique, l’objectif est de réactiver la Stratégie Pirineu, qui identifie déjà sept axes prioritaires – du sport et du tourisme à l’agriculture et à la gestion forestière – avec 74 actions planifiées, dont seulement entre 10 et 15 sont en cours. La direction générale des Politiques de Muntanya, récemment séparée de celle des Politiques de la Côte, a le défi de coordonner ces initiatives et de rechercher des financements pour les transformer en projets concrets.

Diversifier l’économie

L’objectif est de démontrer que vivre à la montagne ne doit pas nécessairement être difficile et ne signifie pas non plus renoncer aux services disponibles en ville. La priorité du gouvernement est de maintenir la population en offrant des emplois, des logements et de la connectivité. L’une des clés est de diversifier l’économie au-delà du tourisme et des activités primaires. « Il faut proposer des emplois de qualité qui rendent attractif le fait de résider dans des villes qui ont perdu des habitants », explique Bernat Claramunt, chercheur au CREAF qui travaille sur un projet européen visant à reproduire des initiatives testées dans d’autres régions d’Europe.

Une station de ski, dans les Pyrénées. / David Borrat / EFE

Il faut savoir que les régions de montagne ne sont pas toutes pareilles et ont des besoins très différents. La Cerdagne et le Pallars, par exemple, sont confrontés à des défis différents : alors que la première est mieux connectée mais souffre de problèmes de logement, la seconde doit améliorer ses infrastructures et ses services.

Qu’est-ce que « bien vivre » ?

La direction générale étudie comment recadrer l’histoire de ce que signifie « bien vivre » : « Est-ce qu’avoir une qualité de vie signifie avoir le service de livraison 24 heures sur 24 d’Amazon ou est-ce que cela signifie avoir des services essentiels bien couverts et en même temps être dans un environnement unique ?

En ce sens, la Scandinavie a lancé un projet précisément pour modifier le récit sur ce que signifiait être heureux. « La majorité des habitants est arrivée à la conclusion qu’il était nécessaire de disposer de bonnes infrastructures et d’hôpitaux, mais que ce n’était peut-être pas indispensable pour pouvoir acheter des mangues et des avocats au marché », explique Claramunt. L’un des projets prévus en Catalogne se concentrera sur les avantages que peut apporter à la population le fait de vivre dans un lieu qui a perdu des habitants, mais qui peut être plein d’opportunités et de bien-être.

Stratégie multidépartementale

L’un des défis du gouvernement et de la direction générale, outre l’élaboration de la nouvelle loi – ici un consensus politique sera nécessaire – et l’élaboration de la stratégie Pirineu, est de garantir que le travail politique soit transversal. « La direction générale avance, mais elle nécessite que différents ministères (Économie, Éducation, Santé, Culture…) investissent dans des zones où vivent peu de gens », souligne Claramunt. « Politiquement ce n’est pas très rentable mais c’est indispensable car on parle de 30% du territoire », ajoute-t-il.

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