FLOTTE MONDIALE SUMUD | La police israélienne présente des accusations et demande la détention préventive du militant espagnol Reyes Rigo

La militante majorquine Reyes Rigo, détenue en Israël lors de l’interception de la flottille et accusée d’avoir prétendument agressé un médecin de la prison, a conclu un accord avec le parquet israélien qui met fin à la procédure judiciaire ouverte contre elle.

Tel que rapporté par son avocat, Hail Abu Gharrah, et rapporté par les médias nouvelles, L’accord prévoit que Rigo plaide coupable à une accusation modifiée dans le cadre d’un accord de plaidoyer. En échange, l’État israélien considère que les jours de détention sont terminés (10), lui infligera une amende de 10 000 shekels (environ 2 500 euros) et procédera à son expulsion du pays, qui, précise-t-on, pourrait avoir lieu « dès demain ». La défense a qualifié l’accord de « solution négociée » après des jours de tension et de plaintes concernant le traitement reçu en prison.

Mercredi dernier, lors de la première audience, le tribunal a décidé de prolonger de trois jours la détention de la majorquine, une décision qui a suscité une grande inquiétude parmi ses proches et les groupes de soutien. Dans la salle, l’activiste, visiblement affecté, a exprimé son sentiment de menace et de vulnérabilité à l’intérieur de la prison, tandis que les avocats et les citoyens présents ont montré leur indignation face à la mission d’un avocat d’État et d’un interprète payés par Israël, malgré le fait que Rigo ait pu se défendre. La tension était palpable et révélait la fragilité de sa situation pendant les jours où il restait en détention.

Hier, le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a confirmé que l’activité avait été transférée dans une autre prison autre que celle qui abrite les huit Espagnols détenus dans la deuxième flottille. Le chef de la diplomatie espagnole n’a pas précisé dans quel centre elle se trouvait, tout en soulignant que le consul à Tel-Aviv lui avait rendu visite.

L’accusation initiale

Le militant a été arrêté la semaine dernière lors de l’interception de la Flottille, une action humanitaire au cours de laquelle plusieurs navires internationaux tentaient de briser le blocus maritime de Gaza. Après son arrestation, la police israélienne a porté plainte pour agression et demandé une détention préventive, alléguant que Rigo avait mordu une fonctionnaire de la prison de Ketziot, lui causant des « blessures graves », selon le communiqué publié par les autorités.

« La police israélienne prendra des mesures énergiques contre toute tentative d’endommager les symboles du gouvernement et les agents publics », a indiqué la police ce matin.

Des positions contrastées entre l’accusation et le juge

L’affaire a révélé de nettes divergences entre le parquet et le juge du tribunal de Beersheva, Amir Doron. Alors que le procureur a insisté sur le maintien de l’accusation « pour défendre les membres de la sûreté de l’État », le magistrat a donné raison à la défense et a estimé que « l’expulsion serait la solution la plus raisonnable », selon des informations proches du dossier.

Incapable d’ordonner lui-même l’expulsion, Doron a choisi de prolonger la détention de trois jours, jusqu’à la deuxième audience. L’accord reflète enfin le point d’équilibre atteint entre les deux positions : Rigo sera libérée et expulsée, mais assumera les frais de son séjour en prison à travers l’amende, répondant ainsi aux revendications de l’État israélien. La sanction financière, qui s’élève à 10 000 shekels, signifie que Rigo paiera 1 000 shekels pour chaque jour de détention dans le désert du Néguev (10).

Il convient de rappeler que le cas de l’agression présumée du militant majorquin, qui faisait face à une éventuelle affaire pénale, a été examiné par deux membres de la profession juridique de l’État israélien, dont l’un est le chef du parquet de la région.

La version de Rigo et ses compagnons

Lors de l’audience de mercredi, Rigo a expliqué que l’incident s’était produit lors d’une bagarre dans la prison, lorsqu’il était intervenu pour protéger un autre membre de la flottille d’une éventuelle agression des gardes.

Son histoire coïncide avec celle de ses collègues Lucía Muñoz et Alejandra Martínez, qui ont déclaré que Rigo avait été traînée par les cheveux et que les fonctionnaires avaient agi avec une extrême violence, et réfute la version officielle fournie par les autorités israéliennes. Martínez, qui partageait une cellule avec la Majorquine avant d’être expulsé vers l’Espagne, a assuré que c’était la dernière fois qu’il la voyait.

Au cours de l’audience, une vidéo enregistrée en prison a également été diffusée, dans laquelle Rigo apparaît visiblement affectée et affirme recevoir des menaces en prison, déclarations qui ont suscité l’inquiétude de ses proches et qui ont été citées par des groupes et des groupes politiques comme exemple de sa situation de vulnérabilité.

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