Droits de succession : comment payer avec l’argent du défunt

L’impôt sur les successions et les donations reste l’un des impôts les plus controversés en Espagne. Son impact varie selon les communautés autonomes et, dans certains cas, il peut contraindre les héritiers à renoncer à l’héritage par manque de liquidités.

Dans ce contexte, l’idée d’inclure dans les testaments une clause qui permettrait d’utiliser l’argent déposé sur les comptes du défunt pour payer l’impôt lui-même a pris de l’ampleur. La mesure, plus technique que miraculeuse, a une base légale, mais ne constitue pas une exonération fiscale.

Ce que la loi permet

Selon la loi 29/1987 sur les droits de succession et de donation et ses règlements, les héritiers peuvent utiliser les fonds du défunt pour régler l’impôt avant la distribution de l’héritage. L’objectif est d’éviter que le blocus bancaire – courant après la mort – n’empêche le respect du Trésor dans le délai légal.

L’essentiel est que les institutions financières peuvent autoriser le paiement de l’impôt à partir des comptes du défunt, à condition que l’utilisation de l’argent soit exclusivement destinée à cette fin et que la qualité d’héritier soit prouvée.

Selon María Cristina Clemente Buendía, diplômée en droit et en sciences économiques et commerciales du notaire Buendía, « il ne s’agit pas d’une nouveauté ni d’une clause magique : la loi permet déjà d’utiliser les fonds de succession pour payer l’impôt, sans qu’il soit nécessaire d’inclure des formules spéciales dans le testament ».

Ce que cette clause ne fait pas

Le mécanisme n’exonère pas du paiement ni ne réduit le montant de la taxe. Ce qu’il offre, c’est un moyen de liquidité immédiate qui évite à l’héritier d’avoir à avancer son propre argent.

Comme l’expliquent des sources juridiques, l’inclusion d’une clause expresse dans le testament peut faciliter le processus et réduire les procédures avec la banque, mais cela ne modifie pas la charge fiscale ni ne génère de nouveaux droits fiscaux.

Les conseillers fiscaux rappellent que l’impôt doit également être déclaré auprès de l’Administration compétente – régionale ou étatique – et que l’argent utilisé continuera à compter dans la succession.

Différences entre communautés autonomes

Le montant des droits de succession dépend largement du territoire. Madrid, l’Andalousie ou la Galice appliquent des primes supérieures à 95 % pour les héritiers directs, tandis que d’autres régions maintiennent des impôts plus élevés.

Pour cette raison, les experts recommandent de planifier à l’avance la succession et d’étudier les avantages fiscaux de chaque communauté, ainsi que la possibilité de recourir aux donations entre vifs, à l’assurance-vie ou aux conventions successorales, des options plus efficaces pour réduire la pression fiscale.

Personne qui signe un héritage. / Archive

L’utilisation de l’argent du défunt pour payer les droits de succession est légale et viable, mais elle n’élimine pas l’impôt. Il s’agit d’un mécanisme prévu par la réglementation pour faciliter la gestion des paiements et non pour l’éviter.

En bref, aucun testament ne peut exonérer les héritiers du paiement des impôts, même si une formulation claire et une planification successorale correcte peuvent faire la différence entre un héritage profitable et une renonciation forcée.