Plus de 2 000 enseignants de toute l’Espagne (plus précisément 2 101) se sont adressés l’année dernière (2023-24) au Médiateur des enseignants, un service lancé par le syndicat indépendant de l’enseignement. Anpé. Les consultations – plus fréquentes dans les écoles secondaires et primaires que dans la petite enfance, la formation professionnelle et autres établissements d’enseignement – ont augmenté de près de 8 % par rapport à l’année scolaire précédente (2022-23). Le principal reproche était le fausses accusations (près de 37%) et problèmes avec l’administration (pourcentage identique), suivi du manque de respect (34%) et le harcèlement (20%).
Selon le coordinateur national du Médiateur des enseignants, Teresa Hernándezces chiffres ne sont que « la pointe de l’iceberg » puisqu’ils ne montrent qu’une petite partie des problèmes de coexistence dans les centres éducatifs. « Les enseignants sont confrontés à des difficultés dans leur vie quotidienne et l’Administration ne leur donne pas les moyens de les surmonter », conclut Hernández.
Présenté ce matin à Madrid, le rapport du Médiateur des enseignants souligne que les conflits dans les salles de classe ont un impact direct sur la santé mentale des enseignants. Le pourcentage d’enseignants desservis par ce service qui ont reçu un diagnostic de dépression augmente légèrement (13,4% contre 12,7% l’année précédente) et les niveaux d’anxiété restent très élevés (70%, ce qui représente une légère baisse par rapport au rapport de cours précédent). Les arrêts maladie des professionnels ayant fait appel au syndicat se maintiennent au même pourcentage (16 %).
« Des facteurs tels que les changements constants de réglementation, manque de personnel enseignant » insiste le représentant syndical.
Concernant les conflits spécifiques avec étudiantsla plainte majoritaire concerne les problèmes d’enseignement (20%), suivi de près par le manque de respect (19%). Les fausses accusations (15%) et les menaces (12%) occupent les prochaines positions sur la liste, qui comprend les attaques des écoliers contre les enseignants (7,5% contre 7,1% dans le rapport de l’année dernière).
Problèmes avec les mères et les pères
De nombreux appels des enseignants au Teacher Advocate sont liés à des conflits spécifiques avec les familles des élèves. Les plaintes majoritaires concernent de fausses accusations (21%), suivies par les plaintes auprès des services d’inspection (16%). La liste comprend également, bien qu’en pourcentages minoritaires, les pression pour les notes (6,5%) et agressions par les mères et les pères (2%). Les deux situations conflictuelles ont diminué respectivement d’un point de pourcentage et d’un demi-point par rapport au rapport de l’année dernière.
Le syndicat appelle l’Administration à « assumer sa responsabilité » dans le soutien aux enseignants. Le coordinateur du Médiateur des Enseignants prévient que « la figure du coordinateur du bien-être, fondamentale pour le bien-être émotionnel et la coexistence dans les centres, ne dispose toujours pas des ressources et de la formation nécessaires ». Et de conclure : « s’il existe des cadres réglementaires qui favorisent la cohabitation scolaire, ceux-ci ne suffisent pas sans un véritable engagement des équipes dirigeantes et de l’Administration ». En effet, le rapport révèle que, dans les problèmes qui ne concernent pas directement les étudiants ou leurs familles, la plainte majoritaire concerne les conflits avec l’Administration. Près de 7% (contre 3,4% dans le rapport de l’année universitaire 2022-23) regrettent que le centre n’applique pas les décrets de coexistence.